Au Québec, dans les années 50, l'Église catholique dominait. Elle nous envoyait en enfer pour la moindre pensée sexuelle et tout ce qui s'y approchait. Même Victor Hugo était à l'index. « Quand tu veux dominer un peuple, tu le gardes ignorant », disait mon père Émile. En 1968 , j'étais de ceux qui croyaient qu'avec les mots, on se libérerait de ce joug. En plus d'affirmer ma révolte, j'ai brandi ma pédérastie. J'ai participé à tous les mouvements d'émancipation. On m'a même soupçonné d'être un «mauvais révolutionnaire». Puis , je suis tranquillement entré dans les rangs, j'ai enseigné et travaillé dans des maisons de sondages jusqu'à ce que retraité , je puisse reprendre la parole. Je constate que notre société n'a pas évolué. On continue hypocritement d'interdire tout ce qui est sexuel , avec ou sans vilolence, sous prétexte de protéger les jeunes, comme s'ils n'avaient pas de sexualité. On crée des drames au moindre attouchement sexuel, mais on se fiche que des centaines de jeunes se suicident ou deviennent malades mentaux à cause de la drogue et de la violence . Plus le temps passe, plus on revient à cette époque de la grande noirceur ...