À l'aube de ton oeil
juste sous la paupière
je dansais au vertige
d'un temps tué de désir.
Tu étais là
toi que ma voix avait rejoint
à l'autre bout du monde
à travers les obus , triste à mourir ,
un cri de désespoir et de révolte
un cri de pas éclatés
qui t'ont fait marcher jusqu'à moi.
Le creux de tes mains portaient
nos vies, nos espoirs, nos hantises
Ces mains mains si petites, si frêles
sous le poids de vivre ...
Tu nageais sur la mort
oublié sur une plage entre les cadavres
et l'écho de ton nom, crié sans te connaître
t'as fait naître ici dans le plaisir.
Et nous avons bien ri d'avoir déjoué
enfin, magré nous, un destin
qui se prenait pour un autre.
Que ferons-nous mainteant
de tes douze ans réunis dans la vie ?
À pas feutrés sans l'ombre d'un doute
nous plongerons nos doigts dans la vie
nous jouerons sur la plage jauchée de cadavres
à rire de la folie et à boire l'ivresse
de nos corps dans un autre temps
dans un autre pays
sous une autre main, celle d'une caresse tendre...
Sans frontière à nos rires
sans murs entre nous
nous installerons dans la vie
la semence d'un âge d'or.