Je marcherai sur ma mort d'un pas ferme
j'écouterai chanter en moi
les cris des humiliations
noyés à la taverne
dans un goût de vengeance.
J'hais mon impuissance !
Je monterai sur mon passé
je sentirai me monter dans les jambes
une gigue d'enfer
Je n'oublierai jamais
le viol de mon enfance
le tabou , le péché
ce vouloir être ange
bonne bête
muette et docile.
Je marcherai sur ma mort d'un pas ferme
sur la boule de cristal
qui a perdu le silence.
Le murmure d'un fleuve et d'un pays m'habite
Terre d'Amérique
qui a flanqué la liberté aux fers
reprend ta dignité ...
Amérique tête carrée
haricot moisi
dans le verglas de ta puissance
$$$
Tu as perdu dans tes piasses
le goût du sapin et de l'épinette
je ne sais plus très bien quel vin m'anime
neige, vent , arc-en-ciel ?
Je connais seulement la naïveté
de mes premiers grognements
de loup affamé d'amour.
Je reconnais seul
le jeu de mes actes d'achats
le paradis enfoui sous la jupe
de mes premiers espoirs
qui sentent la dope à plein nez
assis dos à l'arbre de la Sagesse.
Je sais porter le goût
de mes grandes folies
la soif indicible de tuer
les classes sociales inéglitaires
l'immmortalité de la haute finance
le vedettariat grassement payé
J'ai dans le ventre
un couteau
au coeur
une plaie.
Je fracturerai les hontes
les envies d'oublier
de fuir
me fuir.
Je paierai comptant mes folies
au bout de mes hivers
pour retrouver à travers mon chemin
l'enfant que je cherchais
à travers toi en nous
Je vivrai
sans le cri de mon impuissance
enfer de feu et de poudre
peur, viol , intrusion publique
de ma valeur morale.
Je marcherai sur ma mort
pour reconnaître mon pays,
toi, mon petit sourire ...