Il s'est étendu
sur le foin dans une étable
le beau Pierrot.
Complètement nu, à moitié ivre
il avait près de lui une demi-douzaine
de bonnes bières et deux verres de volka.
Il avait pendu , sur le mur ,
un portait de nu
ouvert une fenêtre
pour sentir dans ses poils
courir les courants d'air.
Et, dans sa bière, la dernière,
dansaient trois onces d'aspic.
Il est mort le beau Pierrot
un verre de bière à la main
une femme nue dans l'oeil
et la queue dans l'autre main.
Il est mort comme convenu
profitant des seuls plaisirs de la vie
n'ayant pas connu ceux de l'esprit.
Et, sur un bout de papier,
laissé près de son cadavre
le furibond avait écrit
juste avant de mourir :
je quitte le monde
comme je l'ai connu
je trouve la mort
en riant très fort
du sublime rigaudon
qu'est la vie...
Extrait de Hymne à l'amour , le vice, la révolte. 1968 (Poésie de jet)