Pour être occidental
il faut vivre la mort
pour oublier la vie
et oublier de mourir.
Suicide
J'ai mal
grangraine dans la tête
cancer à la bouche
tout ça parce que je dis non.
Non à la raison seule
à l'aspirine.
Oui aux émotions.
Non à la machine
à la batterie
au fusil.
Oui à la musique.
Je veux vivre hors de l'herbe des cimetières
des lapins dans leur cage qui crèvent
les oiseaux affamés dans le désert
les sentiers de lumière et d'espoir
Je veux vivre
contre la loi contre-nature
imposée
Je veux vivre
au fonds des enfers
Je veux vivre
le feu dans ma maison en flammes
le vent de la tempête de neige
connaître la misère pour mieux la combattre
Je veux vivre
la folie au pluriel
dans toutes les tonalités
Je veux vivre tout
vivre pour connaître tout
Vivre
ce double de moi qui me hante
jusqu'au bout de mes nerfs
je veux le vivre pleinement
pour mieux le tuer
Tuer toute violence en moi !
Je marcherai sur ma mort d'un pas ferme
j'écouterai chanter en moi
les cris des humiliations
noyés à la taverne
dans un goût de vengeance.
J'hais mon impuissance !
Je monterai sur mon passé
je sentirai me monter dans les jambes
une gigue d'enfer
Je n'oublierai jamais
le viol de mon enfance
le tabou , le péché
ce vouloir être ange
bonne bête
muette et docile.
Je marcherai sur ma mort d'un pas ferme
sur la boule de cristal
qui a perdu le silence.
Le murmure d'un fleuve et d'un pays m'habite
Terre d'Amérique
qui a flanqué la liberté aux fers
reprend ta dignité ...
Amérique tête carrée
haricot moisi
dans le verglas de ta puissance
$$$
Tu as perdu dans tes piasses
le goût du sapin et de l'épinette
je ne sais plus très bien quel vin m'anime
neige, vent , arc-en-ciel ?
Je connais seulement la naïveté
de mes premiers grognements
de loup affamé d'amour.
Je reconnais seul
le jeu de mes actes d'achats
le paradis enfoui sous la jupe
de mes premiers espoirs
qui sentent la dope à plein nez
assis dos à l'arbre de la Sagesse.
Je sais porter le goût
de mes grandes folies
la soif indicible de tuer
les classes sociales inéglitaires
l'immmortalité de la haute finance
le vedettariat grassement payé
J'ai dans le ventre
un couteau
au coeur
une plaie.
Je fracturerai les hontes
les envies d'oublier
de fuir
me fuir.
Je paierai comptant mes folies
au bout de mes hivers
pour retrouver à travers mon chemin
l'enfant que je cherchais
à travers toi en nous
Je vivrai
sans le cri de mon impuissance
enfer de feu et de poudre
peur, viol , intrusion publique
de ma valeur morale.
Je marcherai sur ma mort
pour reconnaître mon pays,
toi, mon petit sourire ...
Vie du pédéraste
L'enfer de l'incertitude
d'une vie démolie
d'un suicide anticipé
d'une carrière écrasée
lot de vie de tout pédéraste.
Amant de vérité
Censuré !
Généreux jusqu'à la mort
abusé !
Assoiffé d'amour
pourchassé !
Pourfendeur d'hypocrisie
écrasé !
La pédérastie
aliment recherché
pour vengeance à tout prix...
Festin pour âmes mesquines ... !
Dans ma solitude je chercherai pour toi
la route qui conduira au-delà des soupirs.
Dans tes larmes je construirai une ville
spéciale aux enfants où les adultes n'entreront pas.
J'ai horreur des longues journées au travail
quand la neige nous invite à se réchauffer.
Le coeur dans un traîneau j'ai peine à dire
s'il est plus agréable de jouer au hockey
ou nager ensemble vers un ballon .
Mais je sais déjà que le monde est ignoble
au point de tuer le jeu de mes doigts fous
sur ton corps : symphonie de rires et de baisers.
Je vous parlerais bien de ceux que j'aime
de cette rencontre fortuite entre la vie et la mort
mais je ne saurais vous instruire je n'ai pas de mots
ni même pour vous intéresser je suis d'un autre monde
où l'amour peut se muter en plaisir.
Votre langage est d'argent
de domination
de répression
de travail
de gros chars
de gros tétons
Ma parole se casse aux cordes vocales
se tourne sur elle-même et se tait.
Je n'ai pas besoin de croix sur le bord des routes
pour indiquer le chemin de la conscience
j'ai des crucifix aux nervures de ma peau
un bùcher dans la tête
sur lequel un peuple se meurt
quelque part entre la vision et l'audition
un peuple dont je connais chaque attente.
Je n'ai pas besoin de tv
pour me dire qu'à l'autre bout du monde
quelque part des bombes grugent les cerveaux
j'ai mes antennes
des cheveux en nid d'oiseaux
des doigts pour forer l'avenir
J'ai des yeux qui auscultent vos lèvres
je n'ai pas besoin de politique pour m'endormir
je j'ai besoin de rien sinon dire
je vous aime.
Petits,
votre amour
la seule et unique raison
qui mérite de vivre autant que de mourir
pour l'avoir vécu et payé pour le vivre.