Un officier
Que ferons-nous du lit 37 ? Nous lui avons enlevé les couvertures puisque ce matin le lit n'était pas fait proprement.
Officier supérieur
Qu'on le lui rende, il ne faut pas que la presse juge mal notre service. Vous le lui enlèverez à nouveau quand les journalistes seront partis.
Un flic
Que ferons-nous du Québécois ? C'est un danger...
Officier supérieur.
Au trou. Il ne doit y avoir que les prisonniers contents d'être en prison. Mieux que le trou ... que tous ceux qui posent problème soient libérés sous cautionnement, si les familles acceptent de payer....
Les officiers repartent . Entre le ministre anglais et le ministre de la Justice du Québec avec les journalistes. Les prisonniers sont gardés par les gardes qui , pour ne pas être vus, les frappent dans les jambes pour les forcer à applaudir alors que le ministre déclare :
Le ministre
Je constate que votre service pénitencier s'est amélioré. Certes, à vous voir, les deix derniers suicides ne sont pas justifiés ainsi que les plaintes selon lesquelles vous êtes maltraîtés.
Le ministre, après examen, quitte la scène en récitant : 
Les flics rêvent à ja justice. Le rêve se concrétise sur la scène
Le rêve
Dans le silence apparaît un père de famille qui mange alors qu'à côté, son enfant, les yeux sortis de la tête, espère avoir une miette de pain alors que par intermittence des gros cochons gras, bien riches, viennent voler des morceaux dans l'assiette du père.
Un curré entre en scène avec un fout, attache les mains de l'enfant, nu, dans le dos et le force à tirer une charette dans laquelle il s'est installé avec sa servante. Il frappe l'enfant, en criant :
Curé
Ainsi, mon petit bonhomme, tu ne te toucheras le zizi.
Le curé s'avance devant l'enfant , mime de ne pas voir sa nudité et descendre sa braguette pour lui saisir le pénis.
Curé
C'est quand même agréable, je dirais même délicieux. Viens voir ... (en regardant sa servante) ... Puis non, je préfère un esclave. Un cerveau drainé par mes fables.
Il frappe l'enfant et le force à avancer, tout en caressant sa putain. Il crie à l'enfant :
Curé
Faut que tu te repentes de m'avoir fait succomber à la tentation. Faut que tu travailles pour la société puisque tu as commis une faute envers la société. Tu es né pauvre. Mais tu as un avantage. Tu es beau. Travaille ! Travaille ! Tu as offensé la société en étant pas aussi laide qu'elle. Travaille pour te faire pardonner de dieu qui voit tout et des hommes qui aimeraient toucher tout. Il faut te déculpabiliser.
Rendu devant le père, qui en est à son dernier morceau, l'enfant s'écrase près de la table. Le curé s'écrie :
Curé
Il n'a pas salué son père, l'écoeurant.
Le curé frappe à nouveau l'enfant en criant :
Tu dois aimer ton père. Ton père est bon comme Dieu est bon.
L'enfant se lève, saisit un couteau sur la table et frappe à tour de rôle le curé et le père qui s'affaissent, les yeux jouisseurs, en criant :
Père
Il faut aimer la police..
Curé
C'est notre Dieu.
Père
Son bras droit.
Curé
Sa couille droite.
Curé et le père ensemble
C'est une eunuque.
Pendant que l'on entend la chanson de Gilbert Langevin, chantée par Pauline Julien " Le temps des vivants ", sur un écran se déroule une scène dans laquelle on matraque les gens.
À différents moments, le curé, le père et la bonne crient ensemble :
Il faut aimer la police
Vive l'autorité !
L'enfant se traîne sur le bord de la scène. Il se lève et crie :
Dieu ! Dieu ! si tu existes , dis-moi, pourquoi toutes ces guerres, tout cette misère.
Pourquoi n'aie-je rien à manger ? Pourquoi ne suis-je jamais heureux, alors que d'autres tuent, pillent, s'enrichissent et retuent en ton Nom ...
Si tu existes, tu n'es qu'un salaud de les laisser agir ainsi. Dis-moi que c'est faux.
L'enfant s'écrase lentement en criant :
Dieu je te cracherai dans l'oeil.
Je ne veux pas t'endurer dans ton hypocrisie durant toute une éternité.
Mon Dieu, je ne tue pas , moi.
Mon Dieu, je caresse et je console. Moi.
Pourquoi serait-ce mal ?
Toutes les religions sont des mensonges.
Je suis en Toi plus chaud que le soleil, plus beau que l'Infini.
La vie d'un être humain est plus important
que le pouvoir et l'argent.
Dieu réapparaît . Il se rend près de l'enfant , l'embrasse et proclame:
Je suis l'Amour, la Beauté ,le Bonheur. Je suis Toi de l'intérieur.
Ils sont la haine, le mensonge, la cupidité...
Ils sont la mafia légale
Le mal incarné
L'enfant se relève . Son visage resplendit de bonheur
L'enfant
Merci mon Dieu ! Merci d'exister !
Les officiers , sauf un qui arrive en retard, reviennent à l'avant, alors que tout disparaît à l'arrière.
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jeansimoneau 2009

Scène 2
Ça se passe dans les locaux des prisonniers. Cependant, ces derniers ne sont pas encore entrés puisque la direction procède à un examen auparavant, en vue de la visite du ministre de la Justice du Québec. La scène présente à gauche un lavabo et une toilette, séparée d'une cloison. À droite quelques lits. Le centre est inoccupé. Un grand bruit de pas.
Six policiers arrivent habillés de façon bouffonne. Ces policiers ont tous des badges qui leur couvrent la moitié de la poitrine. Ils ont à droite un pistolet à eau, à la ceinture un masque de gaz et un walkie-talkie. Par-dessus, une chaîne, pendue à l'arrière de leur pantalon, un annuaire téléphonique de la ville de Montréal, avec une photo de Drapeau, dieu-le-Père. À gauche, un livre avec titre : " Ce que tout policier doit frapper". Ils sont surchargés et peuvent à peine se mouvoir. Ils s'enlignent.
Flic 3
Penses-tu qu'il va accepter de me signer un autographe ?
Flic 2
Ce n'est pas une vedette de ciné, tabarnak, c'est le ministre de la Justice. Il se pense peut-être dans un film, mais...
Flic 3
Ça l'empêche pas de jouir quand sa face passe à la tv. Hin ! hin ? hin ... hin ...
Flic 2
Faut bien qu'il parle au monde de temps en temps, sinon, les gens croiraient qu'il n'y a pas de justice.
Un bruit sourd.
Policier-officier
Attention ! Présentez armes ! S'il y a des jeunes de moins de seize ans, vous êtres priés de ne pas jouer avec le feu. Jouez aux fesses, c'est plus de votre âge.
Les flics en rang sont raides comme des statues. Trois officiers arrivent. L'officier supérieur monte sur un banc, tire de sa poche arrière une loupe et une lampe de poche. Il examine un par un les policiers. Au dernier :
Officier
Votre numéro ? Vous avez pas honte, écoeurant ! Race de chien ! Vous avez un poil long de six centimètres.
Le policier est confus.
Officier (langage cassé)
Ne rouspétez pas ... juste là , sur la pomme d'Adam. Deux semaines de suspension !
Le flic est à genoux, les mains jointes.
Le flic
Capitaine ! c'est pas de ma faute. Ma maison est passée au feu et j'attends la prochaine paye pour m'acheter un rasoir. Deux de mes fils ont péri dans l'incendie ; mais dès que je le pourrai, je vous le promets, je vais...
L'officier
Du cran, mon ami, du cran ! À la guerre, chacun risque de perdre tout et , de nos jours, chaque membre de l'ordre est à la guerre, à la guerre contre ceux qui veulent détruire l'autorité, à la guerre contre le laisser-aller , contre les ennemis de l'état, contre le diable lui-même en personne.
Dieu appraît.
Les officiers se retirent à gauche, examinent les toilettes.
Un officier
Vous êtes sûrs qu'il n'y a pas de bombe là-dedans ?
Un des flics s'y enfonce le bras et le ressort, plutôt brun et puant.
L'oficier
Tabarnouche ! Vous feriez mieux de faire torcher ça par le Québécois et l'Indien. Ils ne sont pas ici pour leurs beaux yeux.
Pendant ce temps, les flics entourent leur collègue, pour le moins éploré.
Flic 2
Faut comprendre le capitaine. Le règlement, c'est le règlement. Qu'il ait du sens ou pas.
Flic 4
Il aurait tout de même pu être un peu plus humain.
Flic 5 et 1
Syndicaliste ! Communiste ! Révolutionnaire !
Flic 1
Faut avertir les autorités. Nos rangs sont infiltrés.
Les flics 1, 2, 3,5 récitent un poème.
Fic 1,2,3,5
Que ferons-nous de ces polissons
de ceux qui osent ,ne pas nous appeler monsieur,
comme il se doit , selon la politesse.
Qui ignore tout du danger de tant de familiarités ?
De quel droit puis-je appeler mon fils André ou Réginald
un tel laisser-aller peut nous conduire à nous aimer,
nous, les hommes, créés pour travailler, peiner , crever.
Ah ! que ce mal porte le monde,
faute de respect, d'obéissance.
Souffrons ! Souffrons ! Souffrons !
Nous voulons souffrir.
Nous avons besoin de souffrir.
Faites la guerre ! Faites quelque chose !
Sinon, nous croulerons enchaînés par la tendresse.
Déjà la passion nous appelle.
La nature se réveille.
Tuons-la avant de nous aimer.
Chacun récite une phrase, en astiquant son insigne.
Policier en blanc
Tu n'es qu'un étranger . Si tu ne veux pas avoir de trouble, reste dans ton «goddem frogs parise». Fucking looking queer !
Il se sauve, le Québécois à ses trousses.
Le Québécois
Viens ici, mon hostie, je vais te montrer qui est la grenouille.
Le policier en blanc se réfugie derrière les autres. Ils entourent le Québécois, qu'ils battent. Celui-ci tombe et se relève. Le policier en blanc lui présente une planche de bois avec un numéro dessus.
Policier en blanc
Tiens-moi ça !
Le Québécois prend le bout de bois alors que le policier en blanc saisit une caméra et le photographie. Le Québécois, au même moment, lui lance la planche sur les orteils.
Le Québécois
Je veux pas voir votre Wisiwézo. J'en connais rien qu'un qui a du bon sens et de l'humour, un swingner national, puis y est pas dans l'Ouest, y é au Québec. C'est du gai monde, ce gars-là !
Deux policiers arrivent, le chaussent pendant que le policier en blanc reprend sa photo en tenant cette fois, pour lui calmer les nerfs, une photo de Raoul Yogourt .
Un policier ( en chantant)
Faut bien que ça marche.
Un autre policier en saisissant le menton du jeune Québécois
Autre policier
L'important, c'est que l'on s'aime.
Un autre policier avance et crache au visage du jeune Québécois. Et le premier policier de crier plus fort.
Un policier
Moi, j'aime assez les Québécois pour les chasser et leur manger dans le crâne. J'aimerais tuer un Québécois. (Il tient le jeune par le menton) . Les Indiens pour avoir du courage mangeaient le coeur des missionnaires, peut-être que nous en mangeant une cervelle de Québécois, ça nous donnerait enfin une culture ... Ah ! s'il peut survenir d'autres mesures de guerre, qu'on vas-t-y en profiter ! J'ai hâte. Ça fait si longtemps que je n'ai pas frappé quelqu'un ; je suis à en mourir d'ennui.
Le policier entonne alors :
I am a lonely boy
lonely and blue
I am all alone
with nothing to do
Un autre policier poursuit :
I've got everything
you can think off
but I still alone
with no fun to live.
Un troisième continue :
Lonely, lonely
hate all over the world
some time I think
I am an American
Le jeune Québécois pleure et dit :
C'est-y triste d'être aussi seul; mais quelle idée aussi d'être comme les Américains pour se faire haïr partout dans le monde.
Il ajoute sur l'air du Tempto mergo
Yankee go home
au plus collibine
nous n'avons plus besoin
de vos bombes au naplam
y a assez que vos expériences
en Afrique
nous ont laissé le sida
la main de dieu
avec l'esprit du diable.
Amen
Un flic s'approche du Québécois.
Policier
Veux-tu téléphoner ?
Le Québécois hoche la tête en réponse affirmative. Le flic lui tire un livre. Le Québécois s'assied avec le téléphone sur les genoux.
Le Québécois
À quatre heures du matin, à qui pourrais-je bien téléphoner ?
Il se met à chanter en feuilletant les pages jaunes ...
Gaston y a le téléphon qui sonne
pis y a jamais person qui y répond ...
Le Québécois
C'est-y pas curieux , y manque sept pages, pis cé justement où sont inscrits les avocats.
Le Québécois entonne un chant sur un air bien connu, grâce à la Baie James, qui a relancé la Manic :
C'est-y fou comme on s'ennuie
à Vancouver . Y pleut tout le temps
les gens sont froids
à Vancouver BC.
J'aimerais bien mieux être chez ma mère
à 3,000 milles d'ici. Qu'aie-je pensé
devenir m'échouer à Vancouver BC ?
Y a des Chinois, ça parle anglais
tape les français et pis cé plate
à Vancouver BC.
© Tous les droits réservés
jean simoneau 2009

Entre un bonhomme , tout de blanc vêtu, un bandage de guenilles au visage comme un chirurgien et des gants de caoutchouc. Il s'assied près du Québécois.
Policier blanc
Dis-leur pas que je suis ici, ils ne m'ont pas vu entrer...
Les six policiers sont sur les bureaux , prennent toute sortes de poses de leurs héros alors que l'un d'eux , à tour de rôle, fait semblant de les photographier.
Police 5
Ça va faire une bonne photo pour mon petit gars. Y aura pu à juste regarder la télévision. Ça va coûter moins cher... Aujourd'hui, avec le coût de la vie, si ça continue, nous allons être obligés de recommencer à manger des chats , pis des rats...
Au mot petit gars, le Québécois se lève d'un bond. Il regarde autour de lui sifflotant tendrement.
Le Québécois
Astérix ? Où es-tu ? Pstt ! Sacré farceur ... je pense que tu m'as fait manger un peu trop de Bison Ravi, j'ai dormi tout le long du voyage... je t'ai fait un de ces maudits voyages... je me croirais vraiment pris par la police, battu au" boutte" parce que je suis français du Québec. C'est pas croyable. Le Canada bilingue, ce serais-tu comme la Ronald Federated Graphics, 6300 Park Avenue, Montréal ... ce serait un pays bilingue tout en étant exclusibement anglais. Le bilinguisme, ce soit être pour marquer les acccents. Un bilinguisme que Messieurs Springate et Cia Chia représentent très bien, en devenant les martyrs, grassement paysés, d'une cause qui n'existe pas puisque les anglais ne perdent aucun droit avec le bill 22, mais au contraire, en reprennent. C'est écoeurant, non, de toujours essayer de fourrer les Québécois comme ça, de toujours nous prenre pour des imbéciles. Des Anglais qui braillent quand on leur donne plus de droits que nous, puisqu'eux au moins peuvent travailler dans leur langue de colonisateurs; de policiers qui foutent de bombes ou engagent des manifestations violentes en provocant les autres comme à Murray Hill, aux fêtes de la Saint-Jean , chez Steinberg, comme tant d'aures qu'on ne sait pas parce que le gouvernement ne veut pas dire qu'il accepte et encourage les tactiques pour péter la gueule au monde, ensuite. Bande de christ de sales ! Ça mériterait qu'on s'arme, qu'on s'arme vite et qu'on leur plombe le cul ... Pauvres enfants ! Assister à une telle dégénrescence sociale.
Un long silence . Le jeune Québécois pose la main sur le comptoir alors que le flic en blanc , escalade ce comptoir avec effort, faisant tout pour ne pas être remarqué, allant même jusqu'à se cacher le visage derrière une feuille de papier blanc, tachée de rouge. Soudain, il saute d'un bond sur les doigts du Québécois qui hurle de douleur.
Policier en blanc
Voilà pour les empreintes !
Le Québécois tourne en se secouant les doigts.
Policier en blanc
Bouge pas. Bouge pas. Je vais te les prendre même si je dois t'étendre par terre, te faire agoniser ... je peux fesser, tu sais.
Ils sort une matraque et lui en fout un coup sur la tête