Lentement , sur la route prochaine,
au- delà du rideau et de la folle cage
un oiseau insoumis plane sans remords.
La tête vide et les ailes fragiles
dans un monde inconnu,
il chante des sons, couleurs pensées.
Et, sur les rayons d'un soleil nouveau
glisse , sans but , ni même de désir,
ce jeune oiseau d'un monde nouveau.
Si un jour, mon coeur
s'ouvre à la fenêtre du jour,
l'éternité se figera
et l'abstrait sera concret.
Si , un jour, je pars,
j'irai où séjourne l'amour
et descendrai du mont
où je criais : " J'ai mal ! "
Si , un jour, je le peux
je boirai musique et poésie
jusqu'à ce mon être entier
se confonde à son breuvage.
Et, ce jour-là , je rirai
car je serai la vie
le néant sera ma sphère
et le bonheur , mon essence.
Satan sur le bout des orteils
regarde avec avidité
défiler " ses poissons ".
Il en aura un , le vieux, c'est sûr
mais cette fois ce ne sera pas moi
je l'ai relégué au rang des cocus.
Il l'a bien mérité, la vache,
et vive la femme, avec elle , l'amour est maître.
Au moins, elle, sait soigner ses goûts
choisir la viande fraîche et le bon vin.
Vive la danse sur des nombrils pourris !
formule de vengeance pour voyeurs attardés...
Et . c'est la foire , c'est la victoire
de la grande résistance ...
Et merde à Satan et à tous ses amants.
Amitié , partout , je t'ai cherchée
et ne t'ai point trouvée.
Dans tes bras , je n'ai pu pleurer
car, toujours tu m'as rejeté.
Je t'ai donné
ma sincérité
et tu l'as délaissée.
Mes confidences
ont servi de potence
elles m'ont laissé pourrir, pendu,
aux yeux de la foule éperdue.
Tu t'es faite complice
de l'amour convoité
pour me blesser et assurer
à tour de rôle, mon supplice.
Pourquoi me haïr ?
Pourquoi me faire fuir
sincérité et spontanéité
au nom d'une morale castrante ?
Pour être Homme
faut-il être hypocrite ?
Tous, vous m'avez trahi !
Tous , vous vous êtes moqués de moi !
De ridicule, de haine, et de rire
vous avez essayez de me couvrir !
Et pourtant, tous, je vous aime !
Au Québec, dans les années 50, l'Église catholique dominait. Elle nous envoyait en enfer pour la moindre pensée sexuelle et tout ce qui s'y approchait. Même Victor Hugo était à l'index. « Quand tu veux dominer un peuple, tu le gardes ignorant », disait mon père Émile. En 1968 , j'étais de ceux qui croyaient qu'avec les mots, on se libérerait de ce joug. En plus d'affirmer ma révolte, j'ai brandi ma pédérastie. J'ai participé à tous les mouvements d'émancipation. On m'a même soupçonné d'être un «mauvais révolutionnaire». Puis , je suis tranquillement entré dans les rangs, j'ai enseigné et travaillé dans des maisons de sondages jusqu'à ce que retraité , je puisse reprendre la parole. Je constate que notre société n'a pas évolué. On continue hypocritement d'interdire tout ce qui est sexuel , avec ou sans vilolence, sous prétexte de protéger les jeunes, comme s'ils n'avaient pas de sexualité. On crée des drames au moindre attouchement sexuel, mais on se fiche que des centaines de jeunes se suicident ou deviennent malades mentaux à cause de la drogue et de la violence . Plus le temps passe, plus on revient à cette époque de la grande noirceur ...