-- Poèmes -- Journal intime -réflexions
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Posté le 30.10.2009 à 20:24

       Maurice faisait partie du vingt-deuxième groupe à être déporté dans un camp de travail au nord de la Colombie britannique.  Ils étaient vingt-deux  enchaînés les uns aux autres.  Les gardiens armés ne manquaient pas une occasion de les frapper avec la crosse de leur fusil , à chaque ralentissement, chuchotement ...
                       " Walk dem frug !  W'ill teach you the language of the country !  "
      Si quelqu'un rouspétait ou s'interposait, il était sauvagement battu.
      Maurice était de ceux accusés d'avoir insulté la reine d'Angleterre au Québec, en refusant d'apprendre l'anglais.  Il n'avait que dix-sept ans.  Blond.  Les yeux bleus. De bonne éducation.
       Maurice était né durant la guerre qui opposa sept ans l'armée canadienne à un groupe de patriotes québécois insurgés contre le régime de Bourassa.  Même si les pertes devaient être grandes, les Québécois en étaient venus à la rebellion à cause de nombreux assassinats perpétués par les autorités de gens reconnus " irrécupérables" pour le régime.  Cette périiode de terreur avait fait suite à une longue opération de provocation anti-syndicaliste, mené par le ministre de la Justice, Jérome Choquette, surnommé « La Grande Poudrée».
        Les États-Unis furent tentés d'intervenir, mais le monde entier voulait savoir si le Canada serait la Tchécoslovaquie du monde libre.  Le peuple américain, difficilement remis des dernières guerres, était loin de supporter les dirigeants du pays, opinant que la guerre canadienne était interne, et par conséquent, ne les concernait pas à moins qu'elle ne déborde les frontières.  Les multinationales avaient pressé en vain les autorités Yankee d'intervenir, mais l'opinion publique les en empêchait.  D'autant plus que l'Amérique étaient fortement occupée à inventer toutes sortes de formes de répression camouflées pour remettre la jeunesse au pas... fallait panser les blessures et trouver des coupables plutôt que d'inventer des moyens pour parer à une situation économique dangereusement malade.
        Maurice fut arrêté le 22 décembre dans sa famille.
        Les miliciens, après avoir encerclé la maison, avaient pris d'assaut pièce par pièce .  Maurice discutait avec Serge, son frère cadet, quand entrèrent trois véritables boeufs de l'Ouest.
         -- Maurice Demers ?
         -- C'est moi 
         -- Comme fucking bastard, I will teach you to obey !
         Serge qui tenta d'intervenir, s'écroula devant son frère, la tête littéralement arrachée des épaules.  Mauric quitta la maison paternelle, révolté d'y voir surgir les flammes aux quatre coins.  À partir de ce moment, il n'était plus un homme, mais l'immatricule 22-22.22
         Sans procès, il fut condamné à travailler à perpétuité dans les mines de l'Ouest.  Auparavant, il passa sept jours dans une prison commune, enfermé dans une cellule.  Il crut bon de se tuer tant les journées étaient longues, la nourrirure affreuse, mais aucun moyen ne s' y prêtait ... Et surtout, malgré toutes les calamités, Maurice croyait toujours dans la victorie du peuple québécois.
         Il franchit le Canada, entassé dans un wagonnet de fer, nourri de charognes, comme sous le régime Bourassa.  Il faisait froid et l'odeur était suffoquante.  Le groupe des 22 arriva à 522 milles au nord de Dawson Creek, un soir noir comme chez le diable.  C'était le premier janvier, à Dead City.
         À son arrivée au camp, Maurice était fiévreux.  Il ne pensait à rien, mais observait chaque fait et geste.  Il entra dans le «bunckhouse» qui sera dorénavant sa maison.  Il suivit un long corridor où se trouvaient des chambres de chaque côté.  Devant le 22, les officiers lui enlevèrent les menottes , ouvrirent la porte et le poussèrent à l'intérieur.  Il faisait juste assez clair pour distinguer un lit libre.  Il s'y glisssa et s'endormit.
         Le matin , Maurice se réveilla alors qu'un homme d'une quarantaine d'années le secouait fébrilement en chuchotant :
          -- Le nouveau !  Hé, le nouveau !  T'arrives-tu du Québec ?
         --  Oui
         --  T'es parti depuis longtemps ?
         --  Une semaine
        Les yeux du bonhomme s'illuminèrent et les larmes aux yeux , il s'empressa de savoir ce qui s'y déroulait.  Parfois, il ravalait bruyamment et serrait davantage les poings.  Il écoutait religieusement Maurice  lui raconter comment les anglophones, appuyés par l'armée, exigeaient maintenant que l'anglais soit la seule langue parlée, hors de foyers.
         -- Les ouvriers ont perdu tout droit de grève et plus aucun francophone n'a droit à un poste de commande.  Nous sommes traités pire que les Indiens avant qu'ils ne soient exterminés.  Puisqu'il y avait trop de chômage et d'assistance sociale, les gens ont été mis à la ration.  Ils ne peuvent rien obtenir sans passer par un groupe de direction anglais qui prend son temps avant d'accorder les permis.  Des enfants meurent de faim et d'autrs de maladie, n'ayant que très difficilement accès aux médicament, mais la résistance ...
          Maurice s'interrompit, regarda son interlocuteur.  Le silence se faisait de plus en plus lourd.  Le bonhomme, devant lui , crispé, attendait qu'il continue comme un enfant à qui l'on cesse sans raison de raconter l'histoire commencée.
         -- Ici, c'est comment ? 

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Posté le 27.10.2009 à 16:45

       Xénéphon prêchait son expérience quand soudain elle entendit à l'intérieur d'elle-même :
       " Si tu continues de parler, tu vas te faire emprisonner.  La Vérité n'est jamais bien acceptée et surtout quand elle tend à libérer le monde.  Ça dérange les gros, les moyens et ceux qui se croient moyens.  Aussi, la majorité t'écrasera. Tu devras accepter de te battre seul.  Pour tuer la honte, il faut d'abord tuer cette espèce de serre chaude qu'on a appelé la réputation et qui est en somme , un moyen d'empêcher l'individu à transgresser la loi..."
        Xénéphon était en crisse.
         " S'il faut maintenant que cette maudite machine que j'ai dans les trippes se mette à penser , maintenant, ce ne sera pas un maudit cadeau. "
         Xénéphon devint les yeux rouges , le corps blanc et les cuisses ainsi que la queue, vert.  Un Québécois qui passait par là pensa aussitôt au drapeau des Patriotes.  Il fut rempli d'une telle émotion qu'il se précipita pour embrasser Xénéphon ;  mais juste avant de l'atteindre son petit pied droit resta figé sur une roche alors que le gros orteil retenait toute l'attention par ses élancements hors du seuil de la douleur..  Le pauvre Québécois tomba bouche première sur la corne gauche de Xénéphon et y laissa reposer un gros morceau de dent en or.  De quoi faire penser que Xénéphon était le nouvel Eldorado ... mais Xénéphon ne connaissait pas les pierres précieuses.  Quand il déambulait sous les rayons de la lune, il n'en croyait pas ses yeux, car il croyait qu'il avait dorénavant une étoile à la corne.  Elle reproduisait alors complètement le drapeau des Patriotes , ou du FLQ vivant.  Devant marcher la queue en l'air, elle prenait souvent l'allure d'une vache patriotique comme on en retrouve souvent dans les communiqués du Front de Libération des Vaches ... qui ne voulaient plus être sacrées.
         Xénéphon vieillissait .  Il était fatigué.  Il avait son voyage de la révolution, même s'il n'abandonnait pas son appui à la cause.  Aussi, décida-t-il d'en finir. 
         Il partit pour Bombay.   Rendue en ville, il se dirigea directement vers le bureau d'enregistrement radiophonique.  Il y enregistra durant des jours et des jours, discours par-dessus discours.  Il composa ses dix commandements et décida de "sacrer le camp" incognito pendant quelques années.  La radio commença à diffuser ses enregistrements.
     " Le beau Xénéphon, (petit rire puisque l'annonceur savait que c'était en réalité une vache ) est présentement dans nos studios, enregistrant de nouveaux sermons.  Écoutons un des messages de notre vache sacrée :"
       « Amis !  Amies !  Frères!  Veaux ! Vaches ! Cochons!  Poulets!
        Gens de la fontaine et du centreville, sachez qu'il faut vivre.  Vivre le karman, le brama et le Brahms.
        La religion vous tient en vous défendant de vous nourrir des plaisirs de la matière.  Elle vous ment.  Sachez que la religion, quand cesse la révolution d'un peuple, doit devenir un outil pour appeler à la Vie ou un moyen de psychanalyse pour aider les âmes faibles à supporter les peurs et les changements.
         Oui !  nous mourrons, nous nous réincarnerons , selon nos voeux , nos aspirations à naître sur la feuille de Lotus au NIRVANA, le " no where" sidéral.  En refusant la terre, vous refusez le nirvana ; car, sachez-le bien, il est impossible de rejoindre le Bouddha , hors de la terre, puisque Bouddha , le cachottier, , reviendra éternellement  parmi nous vivre, vivre de nous et avec nous , les partouzes terrestres.
         Pour atteindre le nirvana , il faut un tel degré de perfection spirituelle, d'énergie, qu'il faut se réincarner pour réajuster la vie à ses nouvelles dimensions.
        Aussi, devons-nous dès maintenant semer la joie pour qu'à travers la communauté humaine et animale, la communauté vivante, donc en transformation , soit créé le plus vite possible le nirvana, la perfecton infinie.  Soyons heureux.  Profitons de la vie, mais ne nous attachons à rien. Le bonheur est un regard.
        C'était un  message réservé et payé par les Frères Krisna-Civa.  Allez et faites l'AMOUR.  vivez TANT QU'IL EN SERA ENCORE TEMPS. ! »
       Xénéphon avait longuement songé à savoir comment il disparaîtrait de la circulation.  Il ne pouvait pas se suicider pour trois raisons :  1-  il prêche la vie et par conséquent ne peut pas se tuer  2- il aime Éros à la folie  3- À quoi ça sert de s'éliminer quand il est possible de continuer d'être : admirer la beauté est déjà une raison sufisante pour vouloir vivre, continuer d'être envahi par la fascination.
       Par contre, Xénéphon , même s'il dérangeait bien du monde ne pouvait pas être assassiné parce qu'il serait devenu un martyr, donc, un danger encore pire pour ses ennemis.  Luther King et Kennedy ont été tués et les USA ne pourront jamais avoir la conscience tranquille tant que ce message ne sera pas entendu et compris.
                  Les prophètes sont tués et leur sang retombe sur la tête de ceux ( et leur peuple) qui les ont  assassinés.
        Xénéphon le savait et ses ennemis encore plus.
        Comme solution, Xénéphon décida de perdre la voix.  Redevenu non plus boeuf-vache sacré, mais comme les autres une simple vache, Xénéphon put vivre ses amours avec Éros et assister aux changements ... la lucidité est contagieuse ... Xénéphon avait rempli sa mission ... c'était une vache-prophète.
        Redevenue une vache bien ordinaire, elle passait ses journées à brouter, à chiquer et à faire l'amour avec Éros, ayant compris que l'orientation sexuelle doit être éclatée pour avoir un sens complet de procréation et de plaisir.  Après tout, dans tous les rapports, le génital , comme dirait Freud, le cul comme dirait Simoneau, ne représente qu'une très infime partie de la relation , faite surtout de tendresse et d'émotions ... l'important , c'est le lien qui vit et qui reste ... la beauté du souvenir quand tout est terminé qui importe...
        Inconsciente qu'un jour elle fut ce que les hommes appelèrent un dieu.  Les hommes ne savent pas ce qu'est la divinité, le tout, car ils ne sont que des parcelles de vie. La partie ne peut imaginer le tout à moins d'être lle-même le tout.   Xénéphon comprit que le bonheur est de vivre sa réalité, son niveau de conscience, sans toujours chercher à voler celui des dieux...
Sherbrooke 1971
© Tous les droits réservés
     jean simoneau 2009
     ISBN : 2-98079-43-7-6
          

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Posté le 26.10.2009 à 19:24

       La première journée, Xénéphon fuma un peu trop et se retrouva dans sa vingt et unième vie alors qu'il vivait la deuxième année de la révolution du Québec.
        Xénéphon était courbé de rires et criait dans une taverne :
        « Kâliss que c'était le fun,  l'année dernière.  Tout le monde s'était donné le mot pour fucker les envahisseurs.  À chaque usine qui fermait les portes pour nous dompter, cinq mille chômeurs refusaient de faire leur paiement à la finance.  Chacun ne donnait plus que le dixième de leur perception d'assurance-chômage.  Pas de job, pas d'argent , pas moyen de payer la banque et la finance.  Ces sacrifices-là !  On leur a montré comment le sytème en créant des rôles sociaux avaient créé des classes et diviser les gens.
             L'éducation , voulant que c'est honteux de se faire vivre au frais de l'état, avait été remplacé par ce dicton : "  Pour qu'un boss, soit un boss, il faut qu'il respecte ceux qui travaillent pour lui ."  Le Québec, même encore dominé, avait mis sur pied tout un système de prêteurs indépendants qui n'avaient pas le droit de prendre un intérêt  de plus de trois pour cent pour venir en aide à ceux qui avaient une famille et qui étaient mal pris.  Les riches aidaient  ainsi les pauvres, ce  qui créait une économie parallèle.  Les maisons de finance et les banques étaient fuckées.  Ainsi, les grosses compagnies qui faisaient chanter tout le monde se virent-elles à leur tour poigner dans leur propre système économique.  Les grosses compagnies tentèrent de monter les travailleurs contre les chômeurs.  Les grosses compagnies, pensaient avoir le gros mot puisqu'en ayant fait pression sur les gouvernements, elles furent épargnées de payer de l'impôt sur la machinerie et tant que la campagne d'éducation ne fut point assez solide, elles obtinrent des prêts et des octrois  pour garder les portes ouvertes.  Les syndicats ne dénonçaient pas tellement ce régime puisque ça mettait leur exitence en jeu.  Ils étaient coincés .  Plus d'industries, plus de cottisations ;  mais , par contre, ils voyaient l'intérêt de ne pas faire durer un conflit , tout comme l'employeur.  Pendant ce temps, les travailleurs moyens payaient les taxes alors que les industriels attendaient que les travailleurs et chômeurs s'entretuent pour reprendre le contrôle avec les travailleurs moyens qui ne se rendaient pas compte de la manigance et constituaient la majorité silencieuse.»
           Xénéphon mit alors sur pied un journal pour dénoncer à tue-tête cette situation:
          " Écoutez, disait-il aux travailleurs éberlués, c'est à qui le pays ?  Que se sert de nos richesses naturelles ?  Qui se font des profits ?  Finies les folies ! "
          Aussitôt , une nouvelle formation politique prit en main le pays. Cette années-là, un travail fou a été fait pour nationaliser les mines et les forêts ainsi que l'eau.  Ça faisait sec.  De grandes compagnies se mirent à fermer leurs portes.  On leur enleva d'un coup leur propriété, on les reconduisaient poliment à la frontière et on dit comment on paierait les dommages.  "On est chez nous , pas vous autres, vous êtes des étrangers qui nous expoitent."  Les big boss avaient le choix entre se mettre au pas ou sacrer le camp...
       Le problème prit une telle ampleur que les bleus devinrent rouges et les rouges devinrent bleus, de sorte que tout le monde était vert.  Pour la première fois dans l'histoire d'un peuple , tout le monde s'était mis ensemble pour se protéger.  Avant d'en arriver là , il a fallu que les bourgeois soient privés au profit de la masse de façon à ce qu'ils se sensibilisent à la misère de ceux qui les entouraient et de telle façon à ce que tout le monde soit individuellement touché et embarqué dans le mouvement.  Les vieux profiteurs de la situation antérieure essayaient de regimber, mais ça n'avait pas d'importance puisque tout le monde savait qu'il est impossible de gouvernenr pour tous tant qu'on est pris à défendre son tiroir-caisse.  Pour gouverner pour le peuple, il faut être libre, surtout des riches et des profiteurs.  Les gens avaient appris que le meilleur moyen de diviser une population est de faire du patronage :  ça crée une classe de privilégiés à combatte et ainsi en se battant contre la corruption, on oublie de se battre contre le vrai problème et on y laisse parfois sa peau.  Le vrai malaise , c'est toujours le même petit groupe qui domine tout.
         Les syndicats du temps avaient mis sur pied un système d'information tel que tout le monde était au courant de la situation et pouvait immédiatement comprendre les tentative d'intimidation du système : on te frappe ou on te privilégie pour que tu te prostitues,  Tout le monde savait que le pouvoir de domination est à la solde du dieu-dollar, la religion des riches.  Le système est organisé comme un ensemble qui fait que chaque pouvoir étant au service et intégré à un autre à divers degrés d'oppression et de domination, il soit impossible pour un individu de s'en sortir seul.  Tout le monde est pris par les trippes, l'âme, le cerveau, les sens.  C'est du joli.  En premier lieu, pour y résister , il faut s'assurer sa survie physique, sans être au détriment de sa vie sociale et intellectuelle.  Le reste vient par surcroît.  Ainsi, m'est-il possible d'échapper à la principale force d'oppression qui vise à avoir honte ou peur de revendiquer ses droits.  Avec cette liberté, il faut connaître ses droits et en user sans exagérer, sans en abuser.  Il faut cesser de penser qu'on doit quelque chose à la soci.été , sinon le devoir de se réaliser pleinement.  Bien beau se demander ce que l'on doit  à l'état, mais il faut aussi se demander ce que l'état doit faire... itou... 
© Tous droits réservés
     jean simoneau 2009

           .   


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Posté le 26.10.2009 à 18:18

        Les disciples se dispersèrent et vécurent de leur mieux la non-violence, imitant ainsi le beau Xénéphon.  Ils faisaient l'amour, ils fumaient du pot, ils respectaient les autres, mais se fichaient des lois qui ne sont pas raisonables.  Ils vivaient de musique et de méditation.  C'était de belles vaches !  Les apôtres avaient appris que la seule révolution possible pour un individu est de vivre heureux  et de demeurer disponible à combattre avec son cerveau et son imagination pour la Justice, la Paix et l'Amitié.  Et ce, même dans la vie des vaches.
          Xénéphon comprenait qu'en 1972, il était impossible de faire ce qu'ils veulent des peuples aspirant à la liberté.  Au Québec, on avait su prévoir que le monstre américain tenterait par toutes formes de contraintes à les pousser à utiliser les armes  pour survivre afin d'ensuite les envahir, les écraser et les dominer.  Xénéphon avait opté pour la non-violence, la résistance pacifique et entrepris la guerre verbale par la dénonciation des abus et l'occupation raffinée de pays par des plus forts..
   Xénéphon s'installa sur une montagne et se mit à prêcher aux vaches et aux boeufs combien il pourrait être plus agréable de vivre dans la bonne entente plutôt que de s'entredéchirer dans sa propre famille.  Elle conçut donc un plan, insérant comme au Québec, la libération sexuelle dans son projet de révolution et dans lequel l'art jouait un rôle de tout premier plan.  Tous les moyens pour éliminer la violence furent essayés.  Plutôt que l'individu porte sur lui des argents pour avoir du blé, les vaches prirent des cartes de crédit dont la valeur était limitée aux besoins.  Tout ce service était concentré dans un grand édifice régional qui établissait la possibilité d'achats pour chacun .  Un autre édifice central comprenait aussi ces détails pour permettre aux gens de voyager à l'intérieur du pays.  Par ailleurs, on offrait à la vache sacrée qui se rendait à l'extérieur du pays, l'argent international nécessaire.   Par contre, les besoins fondamentaux étaient assumés par l'état : nourriture , logement, habillement, éducation et santé.  D'autre part, une organisation indépendante surveillait de façon à ce qu'il n'y ait pas d'erreur, à ce que chaque individu ait justice, à ce que le régime ne devienne pas un moyen de favoritisme ou de répression contre ceux qui ne partageainet pas ces vues d'où la nécessité auparavant d'apprendre la co-évaluation pour que l'individu puisse aussi porter jugement sur ce qu'il fait.  Ce régime devint même la cause de la création de beaucoup de nouveaux emplois, enquêteurs, défenseurs et tout le pataclan.
          Xénéphon fit à cette fin reviser le système d'éducation pour apprendre à l'enfant à devenir son propre moteur d'évaluation, sans toujours compter sur des motivations extérieures , des craintes,  des autres pour évoluer.  Ainsi, l'enfant laissé libre, à sa propre curiosité, à sa propre vitesse d'évolution devenait-il un  être responsable et non un robot servile.  La découverte de sa responsabilité vis-à vis la société par sa propre découverte de lui-même  permit à l'enfant de tuer la jalousie, le fol orgueil et par conséquent, le besoin de tricher ou de mentir.  Les autorités avaient apprises que ce désir prend racine qu'au moment où un dinvidu se sent frustré ou incapable de parvenir à retenir l'affection dont exige sa sensibilité.  Un être heureux rejette la violence, ne vole pas et respecte naturellement et automatiquement la vie.
          Xénéphon prêchait nuit et jour.  Pas une maudite vache ne l'écoutait, sauf ses apôtres.  Il décida donc de s'adresser directement aux hommes.  Il se mit un tourne-disque  et un CDRW dans la panse.  Il avait les haut-parleurs dans la bouche et le trou-du-cul pour avoir un effet maximal.  Mais, a toute bonne chose pend son malheur, Xénéphon devait toujours garder la queue haute, lors de ses conversations avec les hommes.  Il partit ainsi passer sa bonne nouvelle , entre deux joints et deux Blak Label. 
© Tous les droits réservés
     Jean simoneau 2009  

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Posté le 23.10.2009 à 05:27

    "  Ils savaient que le péché d'impureté ainsi que tout le vocabulaire pseudo-scientifique répressif était dans le christianisme primitif directement rattaché à la révolution et signifiait l'interdit quant à la coopération sous toutes ses formes avec l'ennemi.  Les révolutionnaires pacifiques n'utilisèrent jamais la peine de mort, non plus que la punition ou la torture, pour s'imposer.  On respectait la liberté de chaque individu qui adhérait au mouvement ou on pouvait même s'en isoler.
       Les Québécois avaient compris que chaque individu est responsable de chaque geste posé pour son propre bonheur et de celui des autres membres de sa communauté.  Il est aussi responsable d'endurer un système qui permet la guerre.  Ainsi, si ce n'est pas pour défendre la justice, la paix et l'amour et qu'il se mêle au système, il coopère aux meurtres faits par le système.
        Les gens qui croyaient en l'Homme sont devenus une communauté, soit des citoyens plus rapprochés que dans la notion de pays.  Chacun s'efforçait d'ête non-violent, car on savait que la violence engendre la violence, comme la douleur engendre la douleur, ce qui constitute dans l'immédiat une arme pour le pouvoir.  Et ce qui empêcherait le Québec de vivre un changement profond.  La force de persuasion était le bonheur de chaque moment au sein de la communauté.  Les curés ne prêchaient plus la peur, parce que c'est ce qui est le plus payant, mais ils étaient devenus ceux qui consolaient les malheureux.  C'était des psychanalistes de la libération.
       La souffrance d'un ête devint le symtôme d'un malaise dont toute la communauté devait trouver une solution équitable pour la communauté et l'individu.  Le bonheur de tous et chacun était la plus grande préoccupation de chacun.  Plutôt que de se battre, on essayait de se comprendre.  Ainsi, dès qu'un individu était persécuté par un exploiteur,  tous les hommes cessaient de travailler pour lui à travers le monde.  Dès que la violence était signalée des centaine de personnes s'assoyaient dans les rues, nues, pour la dénoncer.
      Dans une année, les adeptes de la liberté mirent ainsi fin aux guerres locales, car la horde de journalistes veillaient sur les pacifistes pour les protéger, faisant voir à tous les hommes comment on punissait sans raison les pacifistes.  La terreur devait montrer son visage.
       Tout ce processus était suivi de danses, de chants, de plaisir, sans boisson, ni drogue dangereuse pour éviter les erreurs.  Tous était à la fraternité.  Dès que se manifestait la violence, tout était paralysé et des centaines de milliers de gens refusaient de participer à la vie économique."  
        Xénéphon se lava et proclama :
        Chers disciples !  Il faut tuer la peur.  Il faut tuer la violence.  L'enfer n'existe pas.  C'est une forme de répression psychologique pour maintenir l'homme dans la peur, l'asservissement et l'agressivité.  Si l'homme refuse de participer à la société capitalo-communiste et les sociétés disctatoriales qui ont pour but de maintenir l'esclavage raffiné,  qu'il est persécuté et parfois même assassiné , il est un héros du quotidien.  La répression est devenue psychologique.  Soyez sans crainte, si vous vivez l'Amour et la Liberté, vous ne serez jamais violenté par le regret et la honte de ne pas avoir accompli votre idéal. La vie ne souffre aucune contrainte quand on la chérit.  Elle est un sourire radieux.
        Xénéphon était bien malheureux.  La guerre faisait rage dans son pays ... pauvre pays.  Xénéphon n'avait pas voul provoquer de guerre en prêchant la liberté au Pakistan.  La liberté est-elle donc un bien qui s'apprend nécessairement dans le sang parce que les hommes ne sont pas encore assez sages pour être libres ?
         Xénéphon aurait voulu proclamer :
        Puisque l'homme ne veut pas changer l'extermination totale et globale de la terre demeure malheureusement son avenir.
       Mais Xénéphon savait fort bien qu'il faut que le monde vive des décennies dans la paix pour que la libération s'opère comme la mutation de la pierre à l'esprit  Tout est question de temps, il faut passer par une série de défaites, de morts, de naissances et de renaissances.
         Xénéphon savait que la permanence s'acquiert dans la persévérance et dans la répétition.  La masse des gens n'en sont encore qu'à une phase matérialiste.  Il était donc normal face à cette vérité  que les plus évolués souffrent de cette situation et acceptent même la mort pour que se poursuive la longue marche vers la paix et l'amour.  Xénéphon avait peine à maintenir la haine et la violence qui naissaient de son impuissance.  Afin d'éliminer ce problème, Xénéphon s'attacha davantage à Éros.  Il l'amena au cinéma, lui fit de longues lecture et dans la musique et les caresses prodiguées, Xénéphon réapprit à maîtriser ses mots et ses gestes.  Xénéphon s'appliqua à vivre à nouveau dans la paix et la liberté.  À aimer même ses ennemis.  Xénéphon ouvrit un grand bordel.
        " Finies les folies", proclama-t-il de suite et il convoqua ses disciples.
        " Camarades !
        Le temps de l'éducation et venu.  Vivez maintenant.  La liberté ne prise aucune frontière, sinon le respect des autres.  L'Amour est au-delà de la loi."
© Tous les droits réservés
     jean simoneau 2009  
    

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