" Ils savaient que le péché d'impureté ainsi que tout le vocabulaire pseudo-scientifique répressif était dans le christianisme primitif directement rattaché à la révolution et signifiait l'interdit quant à la coopération sous toutes ses formes avec l'ennemi. Les révolutionnaires pacifiques n'utilisèrent jamais la peine de mort, non plus que la punition ou la torture, pour s'imposer. On respectait la liberté de chaque individu qui adhérait au mouvement ou on pouvait même s'en isoler.
Les Québécois avaient compris que chaque individu est responsable de chaque geste posé pour son propre bonheur et de celui des autres membres de sa communauté. Il est aussi responsable d'endurer un système qui permet la guerre. Ainsi, si ce n'est pas pour défendre la justice, la paix et l'amour et qu'il se mêle au système, il coopère aux meurtres faits par le système.
Les gens qui croyaient en l'Homme sont devenus une communauté, soit des citoyens plus rapprochés que dans la notion de pays. Chacun s'efforçait d'ête non-violent, car on savait que la violence engendre la violence, comme la douleur engendre la douleur, ce qui constitute dans l'immédiat une arme pour le pouvoir. Et ce qui empêcherait le Québec de vivre un changement profond. La force de persuasion était le bonheur de chaque moment au sein de la communauté. Les curés ne prêchaient plus la peur, parce que c'est ce qui est le plus payant, mais ils étaient devenus ceux qui consolaient les malheureux. C'était des psychanalistes de la libération.
La souffrance d'un ête devint le symtôme d'un malaise dont toute la communauté devait trouver une solution équitable pour la communauté et l'individu. Le bonheur de tous et chacun était la plus grande préoccupation de chacun. Plutôt que de se battre, on essayait de se comprendre. Ainsi, dès qu'un individu était persécuté par un exploiteur, tous les hommes cessaient de travailler pour lui à travers le monde. Dès que la violence était signalée des centaine de personnes s'assoyaient dans les rues, nues, pour la dénoncer.
Dans une année, les adeptes de la liberté mirent ainsi fin aux guerres locales, car la horde de journalistes veillaient sur les pacifistes pour les protéger, faisant voir à tous les hommes comment on punissait sans raison les pacifistes. La terreur devait montrer son visage.
Tout ce processus était suivi de danses, de chants, de plaisir, sans boisson, ni drogue dangereuse pour éviter les erreurs. Tous était à la fraternité. Dès que se manifestait la violence, tout était paralysé et des centaines de milliers de gens refusaient de participer à la vie économique."
Xénéphon se lava et proclama :
Chers disciples ! Il faut tuer la peur. Il faut tuer la violence. L'enfer n'existe pas. C'est une forme de répression psychologique pour maintenir l'homme dans la peur, l'asservissement et l'agressivité. Si l'homme refuse de participer à la société capitalo-communiste et les sociétés disctatoriales qui ont pour but de maintenir l'esclavage raffiné, qu'il est persécuté et parfois même assassiné , il est un héros du quotidien. La répression est devenue psychologique. Soyez sans crainte, si vous vivez l'Amour et la Liberté, vous ne serez jamais violenté par le regret et la honte de ne pas avoir accompli votre idéal. La vie ne souffre aucune contrainte quand on la chérit. Elle est un sourire radieux.
Xénéphon était bien malheureux. La guerre faisait rage dans son pays ... pauvre pays. Xénéphon n'avait pas voul provoquer de guerre en prêchant la liberté au Pakistan. La liberté est-elle donc un bien qui s'apprend nécessairement dans le sang parce que les hommes ne sont pas encore assez sages pour être libres ?
Xénéphon aurait voulu proclamer :
Puisque l'homme ne veut pas changer l'extermination totale et globale de la terre demeure malheureusement son avenir.
Mais Xénéphon savait fort bien qu'il faut que le monde vive des décennies dans la paix pour que la libération s'opère comme la mutation de la pierre à l'esprit Tout est question de temps, il faut passer par une série de défaites, de morts, de naissances et de renaissances.
Xénéphon savait que la permanence s'acquiert dans la persévérance et dans la répétition. La masse des gens n'en sont encore qu'à une phase matérialiste. Il était donc normal face à cette vérité que les plus évolués souffrent de cette situation et acceptent même la mort pour que se poursuive la longue marche vers la paix et l'amour. Xénéphon avait peine à maintenir la haine et la violence qui naissaient de son impuissance. Afin d'éliminer ce problème, Xénéphon s'attacha davantage à Éros. Il l'amena au cinéma, lui fit de longues lecture et dans la musique et les caresses prodiguées, Xénéphon réapprit à maîtriser ses mots et ses gestes. Xénéphon s'appliqua à vivre à nouveau dans la paix et la liberté. À aimer même ses ennemis. Xénéphon ouvrit un grand bordel.
" Finies les folies", proclama-t-il de suite et il convoqua ses disciples.
" Camarades !
Le temps de l'éducation et venu. Vivez maintenant. La liberté ne prise aucune frontière, sinon le respect des autres. L'Amour est au-delà de la loi."
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jean simoneau 2009
" Au Québec, de dire Xénéphon, le christianisme était grugé par le puritanisme et le jansénisme. Par l'éducation donnée aux enfants, Dieu était devenu un tyran et un assassin. Il avait le visage d'un George Bush ou son disciple Steven Harper, l'allure du guerrier et la voix de l'enfer. Tout le contraire de Dieu qui est Amour pur et sans limite.
La vérité, du moins une partie, triompha. En tous cas, ça changé. Le christianisme redevint tolérance , non-violence ainsi que la recherche du bonheur de chaque individu, tel qu'il est, par sa réalisation.
Les prisons furent transformées en services d'aide. Plutôt que de punir, elles servirent à la réadaptation et à inculquer à ceux qui devaient s'y rendre la chance de réapprendre le respect des autres. On savait bien que la violence naît toujours d'une carence en amour ou d'une peur à combattre.
Pendant un temps qui parut une éternité, tout le monde concientisé par une campagne d'éducation fit un effort de libération totale de l'homme. La chasteté, le mépris hypocrite de son corps, son rejet, fut reléguée aux oubliettes. Les enfants purent explorer leur sexualité sans être pénalisés ou humiliés. La sexualité reprit ses lettres de noblesse, car on fut assez intelligent pour différencier sexualité et génitalité. Tout fut dorénavant permis en autant que ce soit un geste d'amour, un acte responsable.
Les rapports sexuels n'étaient plus jugés en fonction de la morale, mais à partir de critère à savoir si la relation était positive ou négative pour les personnes engagées. Plus question d'âge, de sexe, de race. Le seul critère étaint : est-ce que cette relation affective est bénéfique à ceux qui la vivent ?
Ce fut un effort sans précédent de libération totale de l'homme. On savait que le péché, le mal n'existait pas dans les relations sexuelles, mais dans l'exploitation quelle que soit de l'autre.
La chasteté fut reléguée aux oubliettes, car parents et législateurs savaient que le refoulement sexuel est la principale cause des névroses, des psychoses et de la violence.
Au lieu d'avoir honte de leur corps, les jeunes apprirent la beauté et la grandeur de ce temple de bonheur. Le nu fut revalorité comme hymne à la grandeur et la beauté de la Création divine.
L'Amité au-delà des sexes était valorisée. Dès leur enfance, les petits étaient éduqués dans la recherche et le respect de l'ami et la réalisation absolue passait par le service à sa communauté. Tout être était responsable individuellement du bonheur de la communauté. On reconnaissait que l'Amité peut être d'abord l'attraction d'un corps avant même d'être celui de l'esprit.
Quant à la tolérance, elle s'appliquait à tout... On savait que la répétition de l'échec est le chemin qui conduit le plus rapidement au suicide. Les religions redevenaient , grâce au message d'espoir, la médecine des âmes et l'on comprenait que l'appel à la perfection quand il devient une obligation de vie est une forme de mépris de Dieu. On comprenait dorénavant que l'AMOUR , l'AMITIÉ , c'est l'acceptation inconditionnelle de l'autre. On sait que l'Amour et l'Amitié sont des degrés de plus en plus grands de liberté. Il ne peut y avoir d'Amitié, sans liberté. Tout est que fonction de la Connaissance.
Au Québec, on mit fin au régime de la peur. Tout le monde chercha d'abord à être heureux et ensuite, tenter d'aider les autres à être heureux. On savait que tout forme de corruption est un manque d'amour, une tentative d'avoir plus ou de se croire mieux que les autres. Une attitude commerciale, contrairement, à la jouissance contemplative de la beauté de la vie, de la grandeur de Dieu.
On savait que les religions sont une déformation de la parole de Dieu par les hommes pour exploiter et dominer les individus. Que l'être humain est créé pour être heureux. Toute forme de corruption naît d'un manque d'amour, de l'égoïsme ou du désir de dominer les autres, de l'orgueil.
Les chômeurs construisirent des habitations là où il y avait des taudis. Les médecins et les professionnels , plutôt que d'abuser de leur savoir , travaillèrent au même salaire que les autres, sachant très bien que l'intelligence est un don et non un droit.
Des hôpitaux furent construits, tout comme de nouvelles usines qui répondaient aux vrais besoin du peuple. Puisqu'elles étaient presque complètement automatisées, les profits étaient redustribués en services à la population.
Les pauvres furent chauffés gratuitement ou presque, selon leur indigence, grâce à l'électricité de l'état. Les agriculteurs apprirent à vendre leurs produits dans des marchés régionnaux à si bas prix qu'ils redécouvrirent qu'ils travaillent la terre parce qu'ils l'aiment et non pour s'enrichir. Les peintres, les poètes et les chansonniers jouaient et permettaient au peuple d'être gai. Ils étaient nourris, logés et vêtus par ceux qu'ils amusaient, souvent en échange de la tendresse et de l'amour qui les nourrissent,
Les travailleurs ne bossaient plus que vingt heures par semaine, passant le reste de leur temps à s'amuser dans des sports, des loisirs culturels.
Cependant, la place des martyrs avait été rétablie. Le petit Traqueuse ne devenait pas martyr parce qu'il ne s'était pas laissé pogner le cul, on savait que ce n'était pas péché, mais parce qu'il refusait de travailler et de coopérer à une société pour qui même l'amour était devenu un commerce. Il devenait martyr parce qu'il refusait de servir le dieu d'alors ( comme l'argent américain d'aujourd'hui), c'est-à-dire César , ce César qui opprimait son peuple. Il devenait martyr parce qu'ils ne pouvait vivre dans une société où la violence sous quelle que forme que ce soit puisse exister. Il exigeait d'être respecté dans son intégralité -- il était prêt à mourir pour l'être -- et s'efforçait de respecter les autres dans leur être et leur liberté. Sa loi : vivre sa Conscience personnelle.
Les Québécois avaient compris que la non-violence ne signifie pas soumission, mais la conquête de sa liberté par des moyens non-violents.
Xénéphon pleura sur Calcutta et sur les patriotes qui alimentaient la garnison de leurs espoirs à venir et de leur rêve de liberté. Ces larmes furent mises en bouteille et expédiées au Moyen-Orient pour les ablutions du midi. Par bonheur, une bouteille s'égara et fut saisie par les blancs d'Afrique du Sud qui en pensant qu'il s'agissait de whisky en prirent une grande "shot". C'étaient des larmes de la transformation qui donnaient à ceux qui les buvaient la joie de prendre la couleur des yeux de Xénéphon.
Depuis la Rhodésie a un gouvernement noir, le jour, bleu , la nuit.
Inutile de dire que l'Angleterre aurait été heureuse de dire : " Le commun wealth (blé commun) est heureux de vous recevoir " ; mais "le blé commun", argent de papier, s'était effrité avec l'Indépendance du Québec. Cette chute fut entraînée, du fait que le Canada mit autant d'agressivité à blâmer la mère-patrie de l'avoir laissé tomber que les Québécois avait été vexés aupraravant d'avoir été abandonnés par la France ... Les pauvres Canadiens ne pouvaient même plus aller chier sans avoir devant eux ou sur leur papier de toilette la face de la reine d'Angleterre ... Nostalgie !
Pauvre Angleterre ! Tout lui est arrivé cette année-là. Elle avait dû reconnaître l'Indépendance de l'Irlande et abandonner même les belles jupes des Écossais et leur petits moineaux libres de sautiller, n'ayant plus de caleçon pour les retenir ...
Maintenant , n'ayant plus à remplir les caisses de l'Église anglicane, l'Irlande propère en sagesse et en grâces.
Tous les Fils de l'Indépendance créèrent un grand marché d'idées nouvelles qui enraya la misère et, par conséquent, mit fin au règne américain ... Tout le monde en parlait. Les Américains étaient tellement menacés de l'intérieur qu'ils ne pouvaient plus s'occuper de l'extérieur. Les USA étaient malades ... les USA avaient la leucémie ... ils avaient maintenant les yeux jaunes.
Puisqu'il était convenu qu'au cours de ces trois années de sa vie publique de boeuf-sauveur Xénéphon et Éros ne pouvaient pas se voir autant , Xénéphon se prit onze amants pour s'assurer qu'Éros aurait la liberté d'esprit nécessaire pour accepter ce sacrifice.
Éros se retira trois jours et trois nuits. Il revint par la suite, un billet à la lèvre qu'il passa à Xénéphon ( après s'être lavé les dents avec pepsodent parce qu'il brouttait de l'herbe dans des champs de tabac).
Éros pressa ses dents contre la mâchoire divine qui assurerait la libération du peuple.
Xénéphon écouta le poème de son amant et s'exclama :
- Chéri, chéri, vous m'avez compris ...
Xénéphon avait pris cette habitude à la télé, imitant ainsi le général de Gaulle, en visite au Québec.
Le poème d'Éros, intitulé " La légende de Xénéphon", se lisait :
Qu'hommages te soient rendus
au grand Xénéphon, vache-boeuf sacré
comme tout individu plus homme, moins femme
selon le craquement des os de poulet pour dire l'avenir
qui des yeux ou de la mâchoire délivra
nos âmes de l'esclavage de l'antre-nirvana.
Hommage à toi, saint boeuf, qui tua le mensonge.
Tu t'es manifesté à nous. Les vaches vivront.
L'éternité de l'anti-monde les bercera.
Nous t'avons vu t'illuminer, parlant nos langues.
Nous t'avons entendu parlant aux hommes.
Nous avons vu nos clairs de papier et leur bouche
piloter leurs cerveaux au pays de la Vérité.
Nous te sommes reconnaissants Xénéphon
de t'offrir , toi, en communion pour les autres.
Votre avènement sauvera notre espèce.
O bel Xénéphon, symbole de l'amour, je t'aime.
Xénéphon pleura de joie et proclama:
" En vérité, en vérité, je te le dis. Éros, tu seras la pierre angulaire de la révolution. Grâce à toi , cesseront les guerres, la famine et le froid."
( Xénéphon avait un ième sens lui permetant d'anticiper le réchauffement de la planète)
Xénéphon comprenait le sens de sa mission sur terre : démontrer que les religions antérieures sont rattachées à l'expérience et la vie de la libération d'un peuple. Les interprétations de la présence des extra-terrestres n'ont rien d'immuables. Même souvent, au contraire, elles sont transformées pour être adaptées au besoin d'un tel ou tel peuple.
Xénéphon donna à Éros le Québec en exemple de cette grande vérité.
© Malheureusement, Singapour n'était pas son coeur. Comme au pied de toutes grandes villes, la mer s'était formée des pleurs des hommes qui, comme les serpents, muent l'écorce de leur enfance. Les habitants avaient emprunté le langage de la civilisation occidentale, même si des îlots orientaux flottaient ci et là dans ces masses élancées de pierres. À Singapour, comme ailleurs, déjà , les enfants devaient sur le bord des trottoirs s'user les mains à des outils, symbole de l'esclavage. Et sous des cheveux noirs s'évaporait le pays des merveilles. La faim dévorait la fondation des châteaux chimériques et le rêve se mutait en réalité rachitique.
Le pauvre Xénéphon avait pourtant fui Bombay pour découvrir ailleurs un pays où les adultes auraient des âmes d'enfant, où les hommes fraterniseraient au-delà des tabous et des préjugés, où l'essentiel serait d'être artisan de poésie, de musique et de peinture ... un pays où la connaissance de l'homme permettrait de communiquer par les sourires et les couleurs. Mais ce monde parfait n'était pas né dans son coeur.
À la recherche de ce paradis, Xénéphon s'engagea sur le chemin de l'Himalaya. Elle se reposa sur une moraine aux flancs du Pokalde. Et quelques jours plus tard, la pauvre Xénéphon était emportée par la mort à force de déceptions. Son sang dans une alchimie vertigineuse devenait une immense terra où s'installa comme des gitans un groupe d'Initiés.
Xénéphon n'était pas perdue. Dans la mort, il est possible de découvrir bien des choses à cause du détachement, même la vérité.
Les Initiés ranimèrent son cadavre et dans cette pratique magique , ils lui permirent de revivre ses 107 vies précédentes et de découvrir une solution à long terme au problème qui l'affectait encore : la libération de son peuple. Xénéphon s'est réveillée transformée. Ses poils luisaient comme la barbe de Moïse et ses grands yeux de vache s'illuminaient comme les feux rouges de la circulation.
Xénéphon fut initié à tous les problèmes de la civilisation. Il méditait suspendue dans les airs comme une chauve-souris et les grands-prêtres lui apprenaient à parler.
Xénépnon rendit visite à Calcutta aux dirgeants du Pakistant Oriental à qui il proposa l'indépendance. Il n'en fallut pas davantage pour que le gouvernement central entre en communication avec Trudeau pour savoir comment il avait remis le Québec à sa place en octobre 1970. Les mesures de guerre furent proclamées. L'occupation débuta, mais les Paskistanais ne sont pas les Qyuébécois, ils ne sont pas les voisins de l'Ontario, mais des Indes. Imbue de religion , la moitié du pays partit à la découverte de Xénéphon à un tel point que l'Inde demanda à Xénéphon de s'exiler quarante jours dans le désert. " Il y a déjà assez de deux religions pour exploiter les gens sans en avoir une troisième.", se disait-il.
Xénéphon avait 20 ans. Sa mutation, grâce aux secrets de l'Illumination en avait fait un boeuf. Il se mit donc à la recherche d'une belle vache, car, on le sait, génétiquement parlant, tous les mâles se cherchent une cible où planter leur javelot.
La voie des cieux est insondable surtout depuis qu'elle est en asphalte. Xénépon tomba amoureux d'un petit veau nommé Éros. C'était sûrement le plus beau veau des Indes. Xénéphon passa de longues heures à brouter avec Éros. De temps en temps, il lui passait gentiment la patte sur le ventre et le petit veau s'amusait à foncer contre l'immense panse de Xénéphon, le tétant allégrement. Même si Xénéphon était un boeuf, il avait conservé sa laiterie à cause de son utilité pendant les quarante jours à passer dans le désert. faute d'eau, il faudrait au moins du lait en poudre. Ce fut une année consacrée entièrement à l'amour, car avant de prêcher, il est toujours préférable de vivre ce que l'on enseigne. Le temps de sa vie publique était arrivé. Xénéphon appela Éros et lui tint ce langage :
j'ai dansé tout l'été
mon corps s'est imprégné de ton corps
viens nous irons à la montagne jeûner.
Viennent les temps de la fin
je sais maintenant
le Bangladesh sera indépendant.

Xénéphon s'engagea dans la rue. Il était fier. Soudain, par intuition, il s'est retourné ... il était seul. Pas une maudite vache n'avait grouillé. Xénéphon était en maudit.
Il retourna rue Principale où il apprit que son travail avait échoué because les normes 22-63, article 4. Il se présenta deux jours plus tard devant le comité politique et religieux des Vaches Unies.
Mesdames !
Les Indes dansent dans l'espace sur le fil tendu de vos nerfs étrirés. De cette tire Ste-Catherine, occupons le plancher ( d'où naquit l'expression le plancher des vaches)... bla bla bla...
Xénéphon parlait. Les vaches dormaient.
Vexé, Xénéphon décida de créer des ligues de citoyens pour contester le gouvernement et les prêtes. Il procéda par animation. Quelques semaines plus tard, un comité était en place et l'idée faisait son chemin. Xénéphon était fier. Il avait maintenant un but dans la vie. Il se voyait déjà dans tous les livres d'histoire.
La brave vache Xénéphon, qui se voulait un boeuf, grâce à son esprit d'avant-garde, a réussi à recycler la profession religio-vachiale dans le monde capitaliste et industriel.
Mais, à chaque jour, Xénéphon s'enfonçait dans d'autres prisons plus vastes. Avant de poser un geste, il devait chaque fois s'informer auprès de ses comparses afin d'obtenir leur permission.
Les chaînes étaient plus solides que les rues de Bombay, les esprits plus étroits : ils avaient , semble-t-il, emprunté l'épaisseur des corps indiens qu'on doit incérer pour ne pas précipiter la décomposition des autres.
Xénéphon était malheureux dans ce monde des esprits sains. Il était prisonnier, mais il devait poursuivre son travail à cause d'un sentiment inconnu des autres vaches : le goût de jouir.
Xénéphon écrivit toute une bibliothèque. Ce fut la première bibliothèque nationale de l'Inde. Il démissionna ensuite et s'enfuit à Singapour vivres quelques heures mémorables.
Évidemment, pour une vache, Singapour n'a pas le même cachet que pour un américain. L'américain s'est installé partout des comptoirs où l'on vend hot dog et shewing gum. Malheureusement, le commerce n'est pas trop bon puisque les touristes, de plus en plus ingénieux, achètent du shewing gum dont ils se servent ensuite pour voler les hot dog, en les collant dans leur manteau.
Un touriste se contente facilement de ces hot dog, mais Xénéphon était plus capricieux. Il rêvait de la découverte d'un beau boeuf à la peau blanche tirant sur le brun avec de grands yeux bleus. Des yeux romantiques qui semblent regarder partout et nulle part.
Xénéphon se répétait d'ailleurs un poème prophétique qu'il s'était composé :
Tes yeux s'enfoncent dans ton ventre
ils scrutent ton ventre comme un lac
et refusent la porte au soleil.
Ils ignorent ma présence à leur porche
puisqu'ils me regardent sans me voir
aussi vais-je m'enfoncer en eux ....
À Singapour, tout était mauve ou Xénéphon était daltonien, comment savoir. Les chiens n'aboyaient pas à la lune, mais aux passants. Ils n'aboyaient pas pour faire peur aux enfants ou se défendre des adultes, ils jappaient en sifflant pour avoir un bout de viande à sucer.
Ces chiens rêvaient au Vietnam où chaque jour se perdent dans la décomposition les corps de milliers de soldats tués et abandonnés sur les champs de bataille ... mais dans leur faim il se seraient même contentés d'un Biafrais.
C'étaient des chiens contre-nature, maîtrisant très mal leurs instincts de travestis. C'étaient des chiens hyènes. Un de ceux-ci passa d'ailleurs deux jours pendu à la queue de Xénéphon se nourrissant davantage de la phrase qu'il avait dans la tête que de la queue :
Enfin, j'en ai plein la bouche !
Xénéphon s'était promené la queue raide durant deux jours, le chien hyène pendu à cette noble partie comme un pantalon givré sur une corde à linge québécoise. Personne ne l'avait remarqué.
Xénéphon se foutait ausi des chiens. Dans les maisons, les enfants offraient aux rats leurs os rachitiques. Ce n'était pas le rite d'un culte, mais le prix de la civilisation.
La belle Xénéphon aurait voulu un coeur en auberge de jeunesse à la dimension de l'humanité. Chaque ventricule métamorphosé en fournaise au-dessous des continents réchaufferait ceux qui ont froid en Amérique ou ailleurs. Sa douce chaleur fondrait les gants de givre collés aux os des enfants grelottants, remplaçant sur eux la peau et la chair. Ainsi, de son désir, des enfants se trouveraient baignés dans un immense océan d'eau tiède... et dans le ventricule s'agiterait pour eux une forêt où les bouleaux , les érables, les sapins se mêleraient aux forêts brésiliennes. Les animaux cesseraient leurs guerres pour la vie et avec ruse pour se faire flatter ramperaient lécher les pieds des gamins. Forêt musicale ! ces rires seraient si doux que les tempêtes n'oseraient plus franchir ce lieu sacré.
