La terre sous nos pieds
chancelle dans le temps
et emporte dans sa danse
les germes de l'amour.
Comment faire confinace
aux jours qui vont naître
si demain l'on ne sait
quand brillera le soleil ?
Comment croire en l'amour
s'il est toujours violé
par les hommes qui y subtituent
haine et fourberie ?
Faut-il pour le revivre
mourir à notre monde
pour renaître d'un sang nouveau
venu d'une bise du Cosmos ?
Je vis dans un pays
où il est difficile de vivre
un pays où l'on crée chaque jour
une prison de désirs,de solitude et de peur.
Le destin
Je crache du feu
les flammes brûlent l'oiseau
dans ma tête
il s'écrase dans mon âme
et crie des airs de peur.
Fuir avec ses ailes sans plume
courir à la mer et être avalé
impossible
témoin d'un monde faux
j'agonise dans un fossé.
Quand j'étais plus jeune, en 1968, je considérais la poésie comme une véritable vocation. Un métier dangereux ,car les premiers à être arrêtés dans un pays, ce sont les poètes. Je croyais dans ce que j'écrivais, mais je ne me croyais pas encore digne d'appeler mes textes de la poésie. Aussi, aie-je créer ce que j'ai appelé « la poésie de jet ». Une poésie plus réaliste, qui pige son inspiration dans tout et qui se veut une grande réflexion sur la vie. En d'autre terme, je me prenais un peu pour un autre... tout en découvrant le pouvoir fabuleux de l'humour. Ces textes m'ont permis d'aborder tous les sujets et d'avoir bien du plaisir. Quand j'ai rencontré Emmanuel Clancier , il me dit que tous mes textes avec le diable étaient les meilleurs. Je vais vous transcrire les textes de ce petit livre publié à Québec, question de faire connaissance, car plusieurs meurent d'une crampe morale quand ils me lisent la première fois.

Les petits crachent aux gros:
- « Tiens-toi bien paquet
j'en ai plein le casse...
Tes hivers , je les réchaufferai à l'hélium
tes puits de pétrole, je les boirai dans mon café
je vous pendrai à la lune par vos sous-vêtements
Venez salauds ! Vous allez l'apprendre ...
le coût de la vie
à grands coups de pied au cul !
... chacun son tour ... »
Le jour et la nuit dansaient
un brin de lune dans l'oeil
et, sous une pluie d'étoiles,
au chant des bombes
les hommes dormaient
un arc-en- ciel dans la tête.