Les raisons pour avoir écrit ce livre sont nombreuses; mais la principale tient à ma détermination à l'effet qu'aucun jeune n'aura à souffrir durant des années à cause de la stupidité de la morale et de la censure.
Je suis persuadé que ma vie aurait été toute différente si ce n'eut été de l'imbécilité de la réaction des adultes à la réalité sexuelle. La pire chose est la censure. Le refus de parler de la sexualité, comme si c'était anormal, péché, sale. Une approche religieuse...anti-naturelle.
J'admets que je n'étais probablement pas très vite à comprendre toutes ces inepties. L'idéal et le péché. Les contradictions dans tout ce que l'on nous enseignait m'amenèrent à me poser des multitudes de questions. Pour aboutir, sur ce qui à mon avis serait une façon d'éviter que des jeunes se posent des questions comme moi , sans jamais pouvoir avoir de réponses, sous prétexte que c'est sale, cochon, etc. Les adultes font un drame avec la sexualité alors que c'est inscrit dans la nature même de tout individu. Dès cinq ans, grâce aux études faites aux États-Unis ,on peut prédire avec une grande exactitude l'orientation sexuelle des jeunes. Il a de plus été prouvé que sans violence, sans y attacher une importance démesurée, une expérience sexuelle ne peut pas modifier fondamentalement l'orientation sexuelle d'un individu, encore moins sa vie. Le cerveau est capable éliminer les séquelles quand il y en a. Par exemple, dans un cas de violence...
C'est pourquoi j'en suis venu à préconiser les points suivants qui respectent les individus et surtout leur droit de se créer une morale qui leur soit propre et qui tient compte du droit à la vie privée. Rien n'est plus privé que sa sexualité.
D'abord , je suis contre la pédophilie qui est très différente de la pédérastie. La principale raison est le temps et le développement du cerveau. Un enfant ne perçoit pas du tout la sexualité comme un adolescent et encore moins comme un adulte. Prétendre qu'un jeune est traumatisé parce qu'il s'est fait masturber alors qu'il n'y a pas de violence permet de voir jusqu'à quel point les adultes projetent leur propre vision dans la tête des enfants. La peur de l'étranger pour un enfant peut cependant créer une phobie, un traumatisme, d'où mon opposition ( pour l'enfant de moins de dix ans) à des relations sexuelles . De 0 à cinq ans, les jeunes vivent une certaine curiosité au sujet de la sexualité. Des parents soucieux de leur bien-être trouveront moyen de leur expliquer et de répondre à leurs questions sans toujours mentir. De 5ans à 10 ans, il y a une période de latence. Les jeunes ne sont pas attirés par les questions sexuelles et ne veulent rien savoir en géréral de l'autre sexe. Les gens ont tellement peur que leur fils soit homosexuel qu'ils les lancent dans la chasse à la petite blonde alors que ce n'est aucunement un besoin pour l'enfant, mais une sécurité pour les parents." Mon petit est normal." S'il ne peut pas exprimer son désaccord, c'est le début pour lui d'une longue période de questions et de mésestime de soi. Les jeunes qui se suicident pour des raisons sexuelles sont encore très nombreux. Ce que veulent les adultes et ce que vivent les jeunes sont parfois à l'opposé. Plus normal, les jeunes ne voient rien de mal dans la sexualité.
Si l'éducation sexuelle en bas âge est la stricte responsabilité des parents, rendu à l'âge de l'école, les enfants devraient pouvoir à travers des libvres ou des vidéos obtenir plus d'informations, selon leur propre besoin. Il ne devrait pas y avoir de cours sur le sujet, mais on devrait pouvoir répondre aux besoins individuels. L'éducation de masse ne devrait se faire qu'à partir de la fin de l'école primaire pour les préparer au changement physique qu'ils auront à sublir ainsi qu'à ce nouvel éveil qui vient directement de leur anatomie. Ils doivent non seulement tout apprendre sur le fonctionement de leur corps, mais aussi pouvoir décider si ils aiment ou n'aiment pas les situations qui se présentent. Ils doivent apprendre à avoir le courage de savoir exprimer clairement s'ils consentent ou non. D'ailleurs , le consentement devrait être le centre qui fait qu'une situation est correcte ou pas.
Tout en rejetant la paranoïa féminine autour de la sexualité ( l'éducation religieuse) , je crois que les jeunes doivent être informés des dangers qui peuvent survenir dans le cadre de la vie sexuelle et affective. Personne n'est obligé de se livrer à des exercices sexuels , sans le vouloir. Il faut aussi que les jeunes connaissent les dangers, sans en faire un traumatisme. Cet enseignement doit survenir vers 9 ou 10 ans, de façon à ne pas être brisé par l'ignorance et la culpabilité. Car, souvent, les jeunes apprennent ce qu'ils doivent penser de la sexualité , en interprétant le comportement des adultes, plusieurs n'ont pas d'autres moyens pour se créer une conscience personnelle. Ils peuvent aussi être trop gênés pour tenter d'avoir des réponses.
Puisque chaque individu a un rythme de développement personnel, les transformations physiques et psychiques peuvent avoir lieu entre 10 et 21 ans. C'est la seule raison qui fait que je suis contre un âge de consentement : le respect des individus. Si on veut créer un monde qui vit en fonction de la démocratie, il faut que dès l'enfance l'individu puisse décider ce qui est bien ou mal pour lui. Il est bien évident qu'une certaine morale doit aussi être enseignée. On doit pouvoir justifier ses choix. Par exemple, jamais la sexualité ne doit endosser la violence, la domination et le non-consentement. Ce serait à mon avis, le seul point non -négociable. Le jeune doit apprendre son droit absolu de dire oui ou non, sans culpabilisation. .
Par contre, il faudrait que la sexualité cesse d'être l'objet d'une véritable hystérie de la part des adultes.
Si des relations sexuelles avec un adulte créent des problèmes pour les personnes concernées, ce doit être le jeune qui puisse porter plainte et non les adultes qui décident pour lui. Chaque fois que l'on organise des campagnes de dénonciation, on organise des campagnes de paranoïa. Les jeunes ont autant le droit d'aimer ça que de dénoncer. Les raisons fondamentales qui ont fait que la sexualité a été autant réglementée nous viennent des religions qui ont toujours eu un regard stupide et fanatique, en croyant que tout ce qui est sexuel (à part la procréation) est mal, péché, laid , sale. C'est aussi souvent dans cet optique que la sexualité est enseignée aux jeunes filles pour s'assurer qu'elles ne soient pas aux prises avec un accouchement indésiré. Si on les jugeait moins, qu'on les aidait ou qu'on adopait les enfants, il y aurait moins d'avortements.
Il est temps que l'on revoit la sexualité en fonction de son rôle véritable dans la vie humaine.

Le lendemain, j'étais peu pressé de réaliser ma promesse. André a tout ramassé en un tournemain : mais après discussion, il faut décidé que nous resterions une journée et une nuit de plus pour accompagner Danny et François. Je pensais avoir ainsi le temps de le dissuader. La journée s'est écoulée , le long d'un ruisseau, à pêcher. J'étais plus intéressé à contempler mes trois jeunes amants qu'à prendre du poisson. La jeunesse est la plus belle création de l'univers. Belle de corps. Belle d'âme ! Les jeunes ont l'avantage de vivre encore selon leur instinct. Ils sont vrais, sauf dans les villes où ils vieillissent plus vite. Être en contact avec eux profondément, vivre leur vie, c'est être infusé d'une espèce de force poétique, preceptible par l'émotion et le langage vibratoire. C'est la fascination, l'adoration. C'est la vie ressentie comme radioactive. L'étincelle.
Évidemment, la journée ne s'est pas terminée sans que nous nous jetions à l'eau, cette fois tout habillés. Le soir, nous avons joué à la " tag" , tous les trois à poil dans le blé,histoire de laisser sécher nos vêtements. Avec les enfants, tout se fait naturellement.
La tendresse est comme le son de la mer, l'appel de la vague qui naît dans la nuit. Cet éclair qui se propage au fil de la vague, cette écume qui s'étire. Avec les enfants , je me sentais déjà mère-poule. J'étais comme le rayon de soleil qui perce les ténèbres d'une caverne et laisse enfin dans sa chaleur s'épanouir une fleur. J'étais heureux. Le bonheur, c'est flotter dans l'éther, agile comme l'oiseau, à saisir chaque sensation, chaque mouvement de son être massé de tendresse. C'est la joie d'admirer. Les enfants riaient , couraient et parfois même, se chamaillaient. Nous faisions partie de la faune. Libre, enfin libre parce qu'amoureux ... parce que vivant et heureux de l'être.
Le lendemain matin ne tarda pas à venir. André n'avait toujours pas changé d'avis. Il en avait assez d'être malheureux. Il se fichait bien des imbéciles détournements de mineurs et des écoles de réforme. Dans ses désirs nous pouvions réussir à vivre ailleurs ensemble, sans adulte ; c'est tout ce qui comptait. Danny et François nous ont quittés après maintes promesses de nous retrouver, de ne pas parler de ma présence au Petit Lac.
Puisque je ne pouvais pas refuser à André d'être heureux, nous sommes partis tous les deux, après nous être embrassés et jurés fidélité. Nous marchions main dans la main contre l'écrasante, l'étouffante, protection de la jeunesse ou plutôt la criminelle protection des valeurs bourgeoises.
Le soleil nous fit un clin d'oeil. Nous avons éclaté de rire.
1972-1973
FIN
ISBN: 2-7602-131-7
Chez François, l'humiliation avait été bien différente. Ses parents l'avait appris en surprenant une conversation avec son frère aîné. Sa mère l'a aussitôt amené chez un médecin. Elle le fit examiner avec joie. Dès qu'elle entendit parler de l'enquête. elle s'est précipitée au poste de police. Elle voulait voir. Évidemment, tout fut dramatisé. Si ce n'eut été de la visite chez le médecin, j'aurais été accusé de l'avoir sodomisé, ce que je ne fais jamais parce que ça fait mal aux enfants.
François m'expliqua qu'il n'avait pas pleuré avec moi parce que je l'avais déculotté, mais parce qu'en me passant la main dans sa ceinture je l'avais pincé au ventre. Son malheur avait été de courte durée, puisque pas plus d'une demi-heure plus tard, François avait essayé de me retrouver pour faire de la bicyclette avec moi. Selon la version de la police , c'était autre chose : l'enfant avait été profondément traumatisé. Il avait même été malade.
En réalité, François n'a pas tellement été marqué par l'événement. Il fut tout simplement un peu plus surprotégé par sa maman qui jamais de sa sainte vie n'aurait pu croire qu'à son âge, François aimait se faire jouer après la kéquette parce que ça le chatouillait. François réussit, devant les transes de sa mère, à ne pas aller à l'école ( qu'il haïssait) durant une semaine comme s'il avait eu une pneumonie et risquait de crever d'un jour à l'autre : il avait été plus intelligent que sa mère.
François était demeuré aussi douillet. Capricieux, il savait obtenir tout ce qu'il désirait. Si on ne se pliait pas à ses quatre volontés, il menaçait de s'en aller. Chacun finissait par lui donner raison pour qu'il ne fugue pas.
André était celui que je connaissais le moins. Il était très beau. Dans une année, il avait beaucoup vieilli. Son corps s'était raffermi et il semblait beaucoup plus assuré dans ses gestes.
Le soir, une fois couché, André étendit le bras autour de ma poitrine, avant de glisser la main. Je n'en croyais pas ma chance. Est-ce possible que si jeune, on sache déjà si bien ce que l'on veut ? Je le regardai, fou d'admiration.
" Suce-moi " , me dit-il en se soulevant le bassin. La lune sur sa peau moulait ses cuisses et faisait ressortir combien déjà pouvait s'affirmer le plaisir dans ces jeunes chairs.
J'hésitais. Il insista en affirmant que c'est à la fois agréable et la preuve la plus complète d'acceptation de l'autre. C'est un hommage . " Fais-moi plaisir." Je m'exécutai. Toute la nuit nous avons dormi dans les bras l'un de l'autre.
ISBN: 2-7602-131-7
La journée a été féérique : marche dans le bois, baignade, feu de camp. Tout était à la tendresse, à la joie. Le soleil nous baignait jusqu'aux fibres des nerfs les plus paresseux. Notre corps était devenu un oeil, une jouissance.
Le soir, autour du feu , André s'approcha de moi. Il avait un livre à la main. Il voulait que je lui apprenne ses leçons. Nous sous sommes assis le dos au feu, lui entre mes jambes. Il était léger comme une promesse. Il lisait et attendait que je le reprenne s'il fautait. C'est incroyable comme peuvent être beaux les yeux et la moue d'un enfant. Le feu sur sa figure faisait éclater des teintes roses, coupées d'ombres. À cause du vent, l'eau frappait sur la plage comme pour nous réciter un poème ou nous chanter une berceuse. J'ai embrassé André qui se mit à rire et recommença aussitôt à lire en plissant le bout du nez. Danny et François étaient déjà au lit. Nous nous sommes dévêtus et nous sommes retournés nous baigner. Ce fut une course instinctive vers la lune qui se baignait au centre du lac. Toute gênée, d'avoir été surprise...
-- Amène-moi avec toi !
-- Je ne peux pas. Tes parents ne voudront jamais.
-- Je suis malheureux. Je n'ai pas d'ami. Mon père boit et me me bat toujours. Il crie après nous comme si nous étions responsables de ses maux de tête. Je le hais.
-- Personne ne hait son père. T'es encore trop jeune pour comprendre ses problèmes, voilà tout. J'ai aussi déjà pensé comme toi et je l'ai bien regretté ensuite.
-- Ton père ne te battait pas ?
-- Non ! C'est vrai. Mais...
-- Je veux aller avec toi. Tu m'aimes, toi, au moins. Tu t'occupes de moi.
-- Je ne peux pas, y a la police. La prochaine fois, je ferai cinq ans de prison. C'est ce que m'a dit le juge. Toi, tu serais placé dans une maison de correction.
-- Je mangerais chaque jour, au moins.
-- Nous serions obligés de nous cacher toujours. Tu ne penses pas à ce que tu dis.
-- On voit bien que t'endures pas tout ce qui se passe chez moi. Je suis tanné. Je me sauverai avec toi ou tout seul, s'il le faut. Je ne veux plus de père pour me battre et de mère qui appelle sans cesse la police pour nous faire placer parce qu'on ne l'écoute pas. Avec toi ...
-- C'est impossible ...
Je me suis relevé. J'étais furieux. Furieux contre de tels parents. Comment peut-on avoir un enfant aussi beau et aussi intelligent et ne pas avoir le coeur de l'aimer ? Est-il plus naturel de sauvegarder son pucelage qui sera perdu quand même, de vivre malheureux, que de le laisser venir avec moi qui l'aimerai toujours à coup sûr ? La détresse d'André m'étranglait. Je fis ma tournée d'inspection et j'entrai dans la tente pour la nuit. Je me suis allongé près d'André. J'ai levé la main contre son ventre. André la repoussa énergiquement. Il se tourna sur le ventre et il se mit à sangloter. J'étais le seul en qui il pouvait avoir confiance et je le décevais. Jamais je n'avais été aussi malheureux. Comment peut-on consoler un enfant ? Je m'efforçai de ne pas trop pleurer aussi. Je me suis à nouveau rapproché d'André qui se déplaça encore plus vers le fond , en criant : " Touche-moi pas. " J'étais désespéré autant qu'il pouvait être désemparé.
" André ! André ! "
C'était le silence et les sanglots.
-- Je te promets , nous partirons ensemble. Police pas police. prison pas prison. Mort pas mort. Je t'aimerai comme mon enfant. Nous partirons dès demain. Nous voyagerons . Nous nous cacherons. T'es trop beau pour que j'aie peur.
Le petit s'est retourné en me faisant jurer sur mon âme qu'il en serait ainsi. Le serment confirmé, André m'embrassa . Il se blottit entre mes bras, les fesses entre mes cuisses et mon ventre; il me prit la main et s'endormit tout sécurisé : il souriait aux anges.
Isbn: 2-7602-131-7


Inévitablement, les trois mois de prison refirent surface. Danny m'expliqua que les policiers étaient allés cinq fois chez lui pour le forcer à avouer. Les scéances d'interrogation se faisaient parfois sans les parents. Les policiers amenèrent Michel pour appuyer leurs accusations. À force de pression police-parents, Danny mit fin à ses tortures en avouant. Pendant des mois, la vie fut insupportable. Ce fut comme s'il avait tué. Il n'avait plus le droit de s'éloigner de la maison , il devait travailler du matin au soir pour chasser les mauvaises idées, et surtout , humiliations par-dessus humiliations. La mère qui pleure, le père qui rage. Heureusement, le passé avait été assez solide pour que les parents de Danny décident de ne pas le placer dans un établissement de correction comme le suggéraient avec instances les policiers. Jamais Danny n'avait eu aussi peur. Jamais il n'avait autant haï les adultes. Le temps avait bien fait les choses : Danny avait accepté le rendez-vous ; l'amitié et la curiosité l'emportèrent sur les menaces.
Danny expliqua que ses parents avaient eu à faire face à de graves problèmes, leur cinéma ayant fait faillite. Lui et son père durent travailler dans la construction pour s'en sortir. C'est ainsi que petit à petit ses parents oublièrent l'affront qu'il leur avait fait. Danny était convaincu que ses parents se seraient bien fichés de telles balivernes si ce n'eut été de l'opinion publique. Un tel scandale ne pouvait pas demeuré caché et ses parents ne pouvaient pas demeurer sans réagir et prouver leur désapprobation ne serait -ce que pour sauver leur commerce. Le cinéma fit quand même faillite, un peu plus tard, pour d'autres motifs.
Danny n'avait pas seulement vieilli de caractère, il avait aussi changé physiquement.
Il était plus grand, plus gros. Il faisait même un peu de bédaine. Il n'avait plus la finesse des muscles de François. C'était presque un homme. Il était déjà possible de tracer les lignes des muscles sur sa poitrine ; elles le découpaient de façon très élégante. Il n'avait plus sa petite graine, mais un de ces " battes" ! Sa voix était différente, plus grave. Même son comportement avait vieilli. Sa façon de plisser la bouche, de se mettre le torse en évidence. Danny n'était pas attiré par les filles. " Je t'aime plus qu'elles. J'ai souvent pensé à toi. Je croyais ne plus te revoir, ne jamais pouvoir t'expliquer que je n'ai jamais eu le choix : les policiers étaient après moi comme des mouches et si je n'avais pas cédé, je crois qu'ils seraient devenus fous. Ce sont de vrais malades. Il en entendaient jamais assez. On aurait dit que mes confessions étaient pour eux une forme de masturbation auditive. Ils jouissaient à chaque fois que je disais le mot " crosser". Et ils se font appeler l'escouade pour la protection de la jeunesse... quelle merde ! "
16
Je me suis acheté une tente, des équipements de camping et je suis parti pour le Petit Lac. Je me suis installé près de l'étang où j'avais tant joui à examiner des jeunes. J'ai essayé à quelques reprises d'entrer en contact avec Danny. Impossible. Je ne le voyais nulle part. Que lui était-il arrivé ? Heureusement, j'ai rencontré André qui me promit de faire connaître ma présence à François et à Danny.
Je dormais encore quand Danny arriva à la tente. Le coeur me battait si vite que j'ai cru en crever. Danny était là devant moi, hésitant, honteux, avec François. Jamais je n'aurais cru vivre un moment aussi heureux dans ma vie. Je les frappais d'une claque, je riais, je les serrais dans mes bras. Je les embrassais. Je ne cessais de les examiner. Peut-on autant aimer quelqu'un ? Cette ivresse se communiqua vite. Danny compris que je n'avais aucune rancune envers lui. Il craignait que je lui en veuille. Heureusement, André avait tellement voulu être avec moi qu'il avait réussi à persuader Danny qu'il ne courait aucun danger en venant me voir. C'était la félicité. Je ne sais pas qui était le plus beau : le soleil sur le lac ou le feu dans nos regards.
Comme les enfants oublient vite le passé , nous n'avons pas perdu de temps à nous décider de nous baigner et de continuer à nous redécouvrir dans l'eau. Nous avons enfilé si vite nos costumes de bain que nous n'avons pas pensé à nous réexaminer. À cet âge , quelques mois peuvent être marqués par des changements d'anatomie. Les enfants y accordent une importance capitale. C'est normal , c'est leur corps, leur fierté ou leur complexe.
Ce n'est que dans l'eau que nous avons redécouvert le charme du toucher, alors qu'ils commencèrent à me monter sur le dos pour plonger. Nous nous prenions dans nos bras et nous nous serrions. Si la force de nos muscles avait été professionnelle à celle de se fondre l'un dans l'autre, nous ne serions depuis qu'une même puissance. C'était l'euphorie. Il n'en a pas fallu plus pour que bientôt notre intérêt se porte sur ce que nous avons de plus précieux : les performances génitales de chacun. Si les adultes ont honte de leur corps, pour les enfants, une véritable amitié aboutit rarement autrement qu'à ces examens, comparaisons. C'est le summum de la communication.
Danny fut le premier à sentir ce besoin. Sur la planche servant de tremplin, Danny cria pour attirer notre attention : " Si je ne suis pas celui qui est le plus poilu, je suis celui qui a connu la plus forte pousse depuis un an. "
Effectivement, Danny, qui n'avait que quelques poils fous quand nous nous étions connus, avait maintenant le bas-ventre noirci.
" Nous nous baignons tout nus ", lança Danny avant de plonger.
La consultation fut de courte durée : un regard, un sourire. Je me suis approché de François.
-- J'aimerais te déshabiller.
-- Tu n'a qu'à m'attrapper !
Ce fut la course à la nage, le petit combat et finalement, la récompense du vainqueur. François était plus beau que jamais. Ses lignes étaient parfaites, ses fesses toutes rondes et sa peau était aussi douce qu'un chant d'amour. Je ne pus m'empêcher de demeurer sidéré par une telle fraîcheur. Il bandait comme s'il voulait m'inviter à continuer à lui faire la cour. Il faisait de l'auto-stop avec sa belle petite graine qui, bien plantée , s'affirmait en touchant le bas du ventre. François avait à ce moment une telle ironie dans les yeux qu'il aurait été possible de croire, que malgré son jeune âge, il pouvait déjà rire de la peur. Comment la mort ou la peur peut-elle susciter tant d'énergie ? François rayonnait. Le soleil se mirait sur sa peau et sommeillait dans ses cheveux. Je le serrais dans mes bras pour partager cette vie et je l'écartais pour mieux la voir. Ce n'est qu'après plusieurs minutes que je portai ma main sur sa magnifique petite graine. François était circonscis. Il plongea sous l'eau et j'esssayai de le rattraper.
Je portais encore mon costume.
" À poil ! À poil ", se mirent à crier les jeunes qui se précipitèrent à mes trouvesse. André fut le premier à m'agripper, mais c'est François qui tira le costume alors que Danny et André examinaient , impatients. Pendant de nombreuses minutes , nous avons continuer à nous baigner nus. C'est tellement plus agréable , plus reposant de se baigner nus.
Nous avons décidé de camper ensemble la fin de semaine. J'ai donné de l'argent à André qui courut au village acheter des bonbons , des liqueurs des guimauves . L'opération réussit et tous les trois revinrent avec des friandises et des couvertures. Il fut accepté de ne monter qu'une tente et que tout le monde coucherait à poil. Les jeunes étaient surexcités. Ce n'est pas tous les jours qu'ils peuvent vivre leur vie d'enfant avec un adulte, le traiter comme un égal et même souvent comme s'il était leur esclave, tant il les admire et cherche par tous les moyens à leur faire plaisir.