-- Poèmes -- Journal intime -réflexions
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Posté le 12.06.2009 à 17:57

Pour lire les textes que j'écris présentement :  http://jeansimoneau.radioactif.tv/ .  Étant donné la censure dont je suis victime au Québec, je me contente de travailler seulement sur internet.  La censure est une preuve d'étroitesse d'esprit.  Je ne suis toujours pas accepté comme écrivain par l'Association des Auteures(rs) des Cantons de l'Est... soit depuis qu'on m'a indiqué la porte parce que je suis pédéraste et que j'ose en parler dans mes écrits.  L' AAACE est la preuve de la dictature littéraire féminoune au Québec.  

Le chantage a été dédié au Dr Guy Lemaître, psychiatre.  Il marque le début de la psychose québécoise autour du mot " pédophile".

      La distraction , Paul connaissait ça.  Pour lui, c'était une deuxième nature.
      Une fois, par exemple, il s'était rendu , en voiture, avec son épouse, au Château Frontenac, assister à un congrès sur les nouvelles méthodes de reproduction des plantes de toutes sortes.  Il revint chez lui en autobus, oubliant à Québec, son épouse et sa voiture. 
     Il était pratiquement devenu la légende du parfait distrait auprès de ses amis , au bureau d'agronomie où il travaillait.
     Ainsi , un samedi matin, alors qu'il se concentrait à son travail, Paul reçut un coup de téléphone étrange.  Un homme dont il ne connaissait pas la voix demandait à parler à Pauline, son épouse, en visite chez sa mère depuis une semaine.
     « Qui cela peut-il bien être ? , se demanda Paul, qui ne reconnaissait pas la voix , malgré tous les efforts de mémoire possible.  Tout le monde sait qu'elle est chez Irène et qu'elle ne revient que  ... »
      Paul fut instantannément traumatisé de ne pas déja être à la gare pour y recevoir Pauline.  Il avait promis d'aller la chercher au terminus , ce midi.  Il en avait été convenu ainsi, se rappela-t-il.  Il bénissait cet étranger , ce hasard qui venait lui rappeler l'existence de sa femme qu'il adorait pourtant ...
     Paul fonça au terminus de sa petite localité pour y cueillir son épouse.  Évidemment , elle n'y était pas puisqu'elle ne revenait que la semaine suivante.  Une autre erreur par distraction.  Ce que les nerfs peuvent bien provoquer : erreur par-dessus erreur.
     Paul serpenta la gare, s'acheta un journal, le lut au complet.  Toujours pas d'épouse.  Il décida de l'appeler chez sa belle-mère pour connaître la raison de cet étrange retard, car Pauline avait la réputation d'avoir la précision d'une horloge.
     Le téléphone était sans cesse occupé.  Paul piaffait d'impatience, car il venait tout juste de se rappeler qu'il avait laissé le plat d'eau qu'il faisait bouillir sur la cuisinière chez lui.  La peur d'un incendie le tenaillait.
     Il s'empressa de recomposer le numéro de téléphone, quand un beau petit garçon d'une douzaine d'années lui demanda un dollar.
    --  S'il te plaît , monsieur, je n'ai pas mangé depuis deux jours.
     Paul sortit un dollar et le donna au garçonnet qui semblait plutôt mal pris.  En attendant la communication avec sa belle-maman , il comprit sa méprise quant à la date du rendez-vous.  Il s'était excité pour rien.  Habitué à ses bévues, il se mit à rire.
     Il riait comme un fou quand il aperçut à nouveau le petit bonhomme, près des téléphones.
     --  Tu as mangé ?
     --  Non, j'ai pensé que vous voudriez venir avec moi au restaurant.  Je suis seul.  Et, c'est plate en maudit.
     Paul remarqua alors que cet enfant portait des vêtements trempés, il avait plu toute la matinée,  et un pantalon tout déchiré à la cuisse.
     --  Tu n'as pas de parents ?
     --  Bien sûr que j'en ai.  Mon père devait venir me chercher hier soir et il ne s'est pas présenté.  Il doit être encore saoul.  Quand il se met à boire , ça peut durer des jours et s'il me voit, il ne cherche qu'à me battre.
      --  Oui, mais ta mère ?
     L'enfant hésita avant de lui dire qu'elle était morte.
     Pris de pitié, Paul amena l'enfant au restaurant.  Profitant de sa présence , le petit Sylvain se gava jusqu'à en être malade.
     --  Que feras-tu maintenant ?  Tu ne peux tout de même pas passer la journée ici.  Veut-tu que je t'amèe chez ton père ?
     --  Oh non !  je t'en supplie , ne fais pas ça.  Amène-moi avec toi.  T'as l'air gentil.  Je ferai tout ce que tu voudras.  Je travaillerai gratuitement , s'il le faut.   Amène-moi.  Je te jure, tu ne le regretteras pas.  Allez ! juste une ou deux jours.  Le temps que mon père se désaoule.  Je suis certain que s''il me voit maintenant, il va me battre au sang.
     L'idée d'amener ce jeune chez lui, durant quelques jours, alors qu'il avait énormément de travail à compléter , ne souriait pas du tout à Paul, mais pas du tout.  Par contre, Sylvain était tellement attachant ...
     «  Il pourrait sans doute m'aider, pensa le bon samaritain.   Je le ramènerai chez son père le plus tôt possible.  Dès que je l'aurai rejoint au téléphone.  Ainsi, il ne se fera pas battre pour rien.»
      --  C'est d'accord .  Tu m'aideras à replanter mes plantes et je te paierai.  Disons le salaire minimum. 
     Sylvain était fou de joie.  Juste à voir sa figure rayonnate valait bien quelques sacrifices et un  peu de patience.   


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Posté le 12.06.2009 à 05:12

      Si j'étais mon professeur, j'enlèverais des points à l'auteur de la nouvelle Les limites du jeu parce qu'il n'a pas respecté une des règles fondamentales de la nouvelle littéraire : la vraisemblance.  
      En effet, même sous les effets de la cocaïne, il serait étonnant qu'un mort, Alphonse Caouette, et le héros d'un roman « l'Or » puissent apparaître à un individu pour lui dire ce qui les a profondément animé dans leur vie. Je dois avouer que c'était à peu près tout ce qui me restait pour réussir cet exploit.   De toute façon, j'écris parce que j'adore ça et non pour m'emprisonner dans des règles...
          Cependant, la Thérèsa Gold Mines est une mine d'or qui a réellement existée dans le Nord de l'Ontario.  Cette mine avait aussi comme gérant, le fils Caouette, Marcel , et était en quelque sorte une entreprise familiale.  Tous les jeunes travailleurs venaient de la Beauce et de l'Estrie.   L'aventure mérite en soi d'être racontée, mais encore faut-il qu'il y ait un éditeur... J'ai toujours été est très pauvre d'où je dois écrire mes textes sur internet..  Je les publiais à mes frais à compte d'auteur, ce que m'a encore plus ruiné. 
      Cette mine a fermé les portes au début des années 1950, une faillite qui a fait perdre beaucoup d'argent à des centaines de Québécois.  La mine a servi à l'établissement d'un diocèse catholique d'abord dirigé par nul autre que le célèbre Mgr Charbonneau.  On y retrouvait aussi le père de la Bonne Chanson, l'abbé Paul-Émile Gadbois.   Parmis les actionnaires populaires: Bombardier, le célèbre inventeur, et Casavant, responsable des orgues Casavant.  
        La Thérèsa est un scandale religieux , car ce sont les membres du clergé québécois qui faisaient croire aux actionnaires en une réussite garantie par la Divine Providence et Ste-Thérèse.  Ma famille fut directement impliquée puisque nous avions tous mis de l'argent dans la mine : même les enfants.  Nous avons tout perdu quoique mon père Émile considérait que si nous avions perdu de l'argent nous avions gagné en amitié.  Ce qui fut très longtemps vrai.  Les gens de la Thérèsa rêvait d'un Québec prospère et songeait déjà aux institutions à créer pour y parvenir. On voulait créer un village catholique et sans boisson en Ontario.  Une reconquête du Canada par les francophones. Caouette voulait prouver aux Anglais qu.on peut aussi faire de l'argent avec un crucifix.
         Un ami, le musicien Gabriel Charpentier , a su me persuader d'entreprendre une recherche pour découvrir ce qui s'y était vraiment passé.  J'ai reçu une grosse bourse du Conseil des Arts du Canada pour effectuer la recherche.  Malheureusement , les éditeurs potentiels ( qui en garantissaient la publication ) n'existaient plus quand j'eus terminé la rédaction du livre sur la Thérèsa, une grosse brique.  Je voulais permettre aux actionnaires encore presque tous vivants d'apprendre ce qui c'était passé.  Le Conseil des Arts a par la suite refusé de m'aider pour que le livre soit publié ou que je puisse le réduire à une centaine de page puisqu'une maison d'édition acceptait de le publier.  Je n'étais pas assez riche pour pouvoir prendre le temps de rédiger le livre sans travailler en même temps. J'avais adopté deux petits gars.  Y paraît qu'il faut manger , même si on est écrivain.
         Par contre, la recherche m'a permis de compléter une maîtrise en étude (création) française à l'université de Sherbrooke.  De ce travail est né : ma thèse de maîtrise; un bouquin de plus de 400 pages et un roman Le jeune espion, que j'ai dû publié à compte d'auteur.   Concernant ce roman, je l'avais présenté à un concours de littérature gai.  Le jury s'étant divisé, car certaines ne voulaient pas que l'on me décerne le prix au Salon du livre de Montréal.  Le prix ne fut jamais remis. 

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Posté le 10.06.2009 à 19:24

      Je restai figé pendant que mes deux bonshommes se dirigeaient vers la sortie.  J'étais impuissant à comprendre un tel raisonnement.  Quand ils disparurent dans l'ambrasure de la porte, j'entendis résonner deux rires francs et gras.  Je pensai alors que je n'avais pas de leçon à leur donner, puisque j'avais moi-même perdu au jeu et que je n'avais pas respecté mon statut de croyant.
      Je retournai dans ma chambre prendre un café, étonné d'avoir franchi le mur des dimensions, d'avoir rencontré le fantôme de Caouette , président de la Thérèsa Gold Mines, en quelque sorte un des héros de mes livres, et le principal personnage imaginaire de l'Or , de Blaise Cendrars.  Quel voyage littéraire !
      Quand je saisis mon sachet de sucre, je m'aperçus pour la première fois qu'il était bizarre.  Pas de nom de compagnie de fabrication.  La transparence.
       Je me rappelai avoir pris des sachets de sucre identiques à chaque fois que je voyais mes visiteurs de l'au-delà.  Puis, j'allumai.  Le groupe de punks qui se tenaient à cette table avaient mélangé les produits.  C'était à n'en pas douter, comme me l'avait apprit un agent de la GRC qui était venu donner une conférence dans notre communauté -- tout le monde sait que les sectes religieuses sont des entités des services secrets de sécurité-- sur les drogues .  C'étaient des sachets de cocaïne.
          Fauché, je décidai de prendre l'autobus jusqu'à Denver.  De là , je fis du pouce pour revenir chez moi.  Même s'il fut très long, ce voyage me fut bénéfique : j'en profitai pour parler de Jéhovah et pour citer la Bible, espérant convaincre mes bons samaritains de devenir témoins de Jéhovah comme moi.  Non seulement je découvris les montagnes rocheuses du Canada  ( une pièce de négociation fédéraste pour l'indépendance du Québec) mais je remontai la route vers l'or.
         En sillonnant cette route et en découvrant les derniers gisements de l'Ouest , je ne cessai de penser à mes apparitions.  Je ne savais pas encore si j'allais en parler , car bien des gens me croiraient fou, mais elles avaient changé ma vie.  J'ai compris le malaise de l'avidité.  J'ai su apprécier la différence entre le savoir et la connaissance.
       Quand j'arrivai au Québec, le soir tombait sur la ville.  J'eus alors la chance de monter avec Maggie , mon ex-chauffeur.  Elle m'apprit qu'elle s'était mariée avec le premier témoin que nous avions interviewé au début de mon enquête sur la Thérèsa.  Leur alliance , Maggie et Bruno , avait engendré un petit Robert, si petit, qu'il était le premier bébé prématuré qu'on avait sauvé aussi jeune au Québec.  Le destin est parfois l'aboutissement d'un heureux hasard.
        Silencieux, je regardai le ciel merveilleux du mois d'août à travers la vitre de la voiture.  J'aperçus le fameux T de Ste-Thérèse. 
         En soupirant, je murnurai : « Cela ne prouve qu'une chose :  Ste-Thérèse est aussi mauvaise en finance qu'elle est bonne en amour. »

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Posté le 09.06.2009 à 18:19

      J'avais pourtant parié pour améliorer mon sort, ma condition.  J'étais fatigué de calculer mes moindres gestes, mes moindres dépenses.  J'en avais marre de surveiller mon budget pour payer les dettes que créait mon enquête.  J'en avais plein le dos de ne pas jouir de la vie comme tant d'autres.  Si j'avais gagné , j'aurais pu acheter une voiture, des vêtements pour les enfants et donner une somme d'argent à mon Église.  J'aurais aussi pu me payer un voyage dans le Sud.  J'aurais pu prendre de vraies vacances pour aller visiter mes frères témoins de Jéhovah, dans des lieux de rêve.  Il y a des vainqueurs et des vaincus.
     En jouant, j'espérais gagner.  Mais la malchance avait eu raison de moi .  « Pourquoi en était-il ainsi  ,
me dis-je.  Pourquoi Jéhovah m'en veut-il à ce point ?  Je ne lui ai jamais rien fait. »  En me posant ces questions, j'étais révolté à l'idée que Jéhovah s'acharnait contre moi , qui pourtant était son disciple.  Je pleurai et j'enrageai.  J'aurais dû me douter que j'étais dans le péché et j'allais contre les principes de la Bible et que je ne pouvais en aucun cas avoir une telle attitude.  Au même moment, la vieille arriva.  Elle déposa un dollar dans la machine à sous et en gagna plusieurs centaines.
     Furieux, je me dirigeai vers la salle à manger.  Mes deux personnages n'étaient pas à leur place habituelle.  J'aurais tout fait pour les revoir.  Comme j'aillais partir, ils arrivèrent.  En avançant vers moi, ils se présentèrent. 
     --  Bonjour jeune homme.  Je suis Alphonse Caouette.  Lui , c'est le général Sutter, le héros de Blaise Cendar , dans l'Or.  Nous aimerions savoir pourquoi vous avez franchi notre dimension.  Je suis mort et le général n'existe que dans l'imagination de Cendar.  Pourquoi nous épiez-vous sans cesse ?
    Je ne savais que répondre. Rêvais-je ?  Car comment un mort et un personnage de roman pouvaient-ils se trouver là, bien en vie, à ma table, au Circus Circus ?  J'étais plein de curiosité et d'intérêt pour les deux personnages même si je savais que j'étais en faute.  Le Deutéronome ne précise-t-il pas : « Qu'on se ne trouve pas chez toi d'évocateur de spectres et de consulteur des morts : cela est une abomination. »
     Les prescriptions religieuses sont presque toutes contre-nature.  Serait-ce que ceux qui ont inventé les religions ne cherchent qu'à se prendre pour des esprits ?  Était-ce ma faute si mon petit cerveau me permettait de communiquer avec l'au-delà ?  La schizophrénie n'est intéressante que si elle embellit la vie.
     Alors que je me pinçais les joues, Caouette reprit la parole :
     --  Vous n'en n'êtes pas responsable.  C'était votre destinée.  Certains événements sont le fruit du hasard.  Une rendez-vous de centaines énergies.  Certains autres rendez-vous sont ce que vous appelez la malchance.  Si j'avais eu, par exemple,  la chance de découvrir la veine- mère dans mon gisement d'or, ma vie et celle de tous ceux qui croyaient en moi auraient été différentes.  Malheureusement, la veine d'or que je cherchais a été découverte au Colorado plutôt qu'en Ontario.  C'est ce changement dans le temps et l'espace qui a perdu mon ami, le général.  Une mauvaise coordination des forces est survenu . Qui est responsable de cette distorsion ?   Elle a tranformé nos vies.  Que pouvons-nous y faire ?  L'esprit était trop rapide pour la matière. Nous avons rêvé. Un cauchemar.
     Ce dernier enchaîna en pesant chacune de ses paroles et en me regardant dans les yeux :
    --  Nous aimerions que vous cessiez de vous occuper de nous.  Voyez-vous, Alphonse et moi, n'avons rien à nous reprocher.  Nous n'avons rien amassé pour nous.  Nous avons cru trop aveuglément à notre chance.  Nous étions des héros qui ont été réduits par le hasard à des dimensions plus modestes, celles de la vie quotidienne.  Si toutes les mauvaises langues qui nous méprisent venaient comme vous perdre un peu d'argent , peut-être comprendraient-elles mieux les limites du jeu ?  Nous avons joué et nous avons perdu ! 
      Même si je me défendais bien de les attaquer, mon éducation de témoin remontait à la surface et je retorquai de façon à relancer la discussion :
      --  Et vous en avez fait souffrir des gens ...
      --  Bien malgré nous.  C'est exact.  Nous n'avons pas su nous arrêter au bon moment.  Nous étions convaincus d'avoir la combinaison chanceuse.  Nous en étions même trop convaincus.
     --  Mais vous avez menti aux gens ?
     --  Je n'avais pas le choix.  Si j'avais dit que la mine n'était plus rentable, je n'aurais pu creuser le puits et je n'aurais jamais su s'il y avait des gisements d'or.
    --  Les gens auraient au moins su à quoi s'en tenir.  Ils n'auraient probablement jamais investi dans une affaire aussi risquée.  Ceux qui vous écoutaient auraient au moins su que c'était un coup de dés.
     -- Je ne les ai jamais forcés.
    --  Non, mais vous aviez une maudite bonne gueule et une don de persuasion hors du commun.
    --  Ce n'est pas ma faute, si le clergé, leur faisait croire que la Divine Providence guidait nos recherches et que jamais Ste-Thérèse ne nous laisserait jamais tomber.  Ils étaient comme vous, obsédés par la chance qu'ils auraient lorsqu'ils seraient riches.  Ils rêvaient déjà des changements qu'ils apporteraient au Québec pour créer une société plus juste que le Canada.
     --  Jeune homme, ayez la gentillesse de nous laisser poursuivre notre réflexion, sans nous troubler avec vos commentaires.  La vraie vie n'est pas faite que de hasards, que de chances, il y a aussi des erreurs et des grincements de dents.  La vie se façonne au gré des événements, lesquels en engendrent d'autres.  On ne peut contourner la raison, séparer la cause de l'effet.  Mon ami et moi chechons à savoir si le pouvoir est un jeu qui en vaut la chandelle.  Le pouvoir , voilà la question.  Ce qui reste quand tu meurs.      
  

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Posté le 08.06.2009 à 23:41

     Je pensais aussi au bonheur que j'avais ressenti quand je reçus une bourse du Conseil des Arts du Canada pour mener à bien mon enquête sur la Thérèsa Gold Mines.  Je m'étais senti riche le temps de planifier mes déplacements.  En effet, j'ai dû congédier mon chauffeur , Maggie Des Artinian, pour terminer mon enquête sur le pouce.  Même si je fus entraîné sur les routes où les bons samaritains se font rares, même si je devins la proie des mouches noires et même si j'avançai au hasard des rencontres, je voulais percer le mystère de la Thérèsa, comme jadis trouver le T de Sainte-Thérèse parmi les étoiles. 
     Que de questions ont soulevé les témoignages que j'ai recueillis en cours de recherche.  Ce sont ces témoignages qui m'avaient poussé à l'autre bout du continent pour vérifier si Alphonse Caouette était  aussi prospère qu'on le prétendait.  Je voulais savoir s'il mentait aux actionnaires , en leur promettant une richesse qui n'existait pas vraiment.  Les religieux , quant à eux, disaient que la mine ne pouvait pas mal tourner puisqu'elle était garantie par la Divine Providence. Eux mentaient avec certitude.
     Comme j'avais de la peine à digérer ma déveine, je me souvins du soir où un actionnaire m'avait confié que le fils des Caouette s'était enrichi avec la vente des équipements de la mine.  Ce témoignage m'avait empêché de dormir.  Il avait également diminué l'admiration qui avait bercé mon enfance envers les Caouette quand ils venaient au Québec.  Ma rencontre avec Marcel Caouette, en Floride, m'avait prouvé que son père n'était pas été aussi riche qu'on le disait.  Au moment de la construction du moulin, Caouette savait que la Thérèsa ne ferait pas ses frais.  Il avait continué dans l'espoir de découvrir un gisement qui puisse faire sa fortune et celle de tous les actionnaires ... comme à Val-d'Or.
     À l'heure du repas, je retournai à ma table habituelle.  Je revis encore le fantôme de Caouette qui conservait fermement avec son compagnon.  Ils discutaient de la nécessité dans la vie de réaliser un grand rêve. 
      Si ces deux hommes étaient bien les personnages auxquels je pensais, ils étaient confrontés à une bien triste réalité :  celle d'avoir tout perdu, alors qu'il voulait tout gagner.  Ils avaient tenté leur chance.  Ils  étaient comme moi  qui songeait :  « Dans la vie, faut-il échouer pour se rappeler qu'on a déjà gagné ou faut-il échouer pour inciter les autres à tenter leur chance ? »
     À la table, Caouette essayait de convaincre son adversaire et ami.  Il disait que la vie est un coup de dés.  Il disait aussi qu'il était fier d'avoir persisté en dépit du discrédit qu'il inspirait : 
       --  Au moins , je suis allé jusqu'au bout !
      Sans remettre en question les propos du prospecteur, je général rétorqua :
      -- Tout serait possible si la société n'était pas là pour juger tout ce que l'on fait.  S'il n'y avait pas eu autant de ragots voulant qu'on ait trouvé de l'or sur mes terres , je serais encore riche et puissant.  Qu'a donc ce métal pour ensorceler tout le monde ?  Il ne sert à rien, si ce n'est à maintenir le pouvoir de quelques-uns, pouvoir qui détruira notre planète.
      L'arrivée d'un groupe d'enfants  me fit perdre le reste de la conversation.  Je me levai, bien décidé cette fois à gagner le gros lot qui faisait la joie de la vieille dame à la machine.
      J'allai changer un chèque de trois cents dollars à la banque de l'hôtel.  Je retournai ensuite jouer.  Mais comme je ne gagnais pas, je jurai que c'était la dernière fois, car à ce rythme je n'aurais plus d'argent pour prendre l'avion de Los Angelès à Montréal.  Cette inclinaison devenait de la folie pure.
     Même si je savais que ma passion pouvait me perdre, je fus pris le soir même par une folle enfie de précéder la vieille dame à la machine à sous.  On raisonnement était des plus simples : si elle gagnait avant moi, il fallait la devancer pour récolter sa chance.
    Sans plus tarder, j'ailllai changer mon dernier chèque de voyage.  Puis , je vins m'installer en face de la machine à sous.  Comme d'habitude , il me fallut quelques secondes pour tout perdre.
      J'étais désespéré.  Je m'en voulais d'avoir été aussi naïf.  J'y voyais la punition de Jéhovah.  Je ne savais pas pourquoi j'avais succombé à la tentation.  Je maudissais le moment j'avais gagné mon premier vingt dollars.  Je m'étais laissé duper.  J'avais risqué le peu qui me restait .  À cause de ma soif, de mon étourderie, je me retrouvais dans de sérieuses difficultés : je n'avais plus un sou pour aller à Los Angelès et effectuer l'entrevue qui devait faitre toute la lumière sur la Thérèsa Gold Mines.

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