-- Poèmes -- Journal intime -réflexions
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Posté le 29.05.2009 à 04:08

     Cette nouvelle peu paraître tout à fait exagérée; mais ce n'est pas le cas.
      Alors que j'enseignais aux élèves en difficulté, l'un de mes élèves s'absenta presque deux semaines.  À son retour, comme d'habitude , je le reçus avec humour.  Il me demanda simplement de pouvoir déjeuner avec moi le lendemain matin.  Ce que j'acceptai avec plaisir, car mes élèves étaient tout pour moi.  J'adorais mon métier.
      À la table, il s'est effondré en larmes et il m'a raconté ce qu'il venait de vivre :  Sa soeur avait accusé son père de l'avoir touchée sexuellement.  Le père fut arrêté et mis en accusation.  Ayant payé pour retrouver sa liberté, en attendant son procès, il se rendit chez lui et se suicida .  Le pire, les gens s'en prenaient au jeune, avant la mort de son père , le qualifiant de lâches, de complice, simplement parce qu'il aurait dû le savoir et le dénoncer.
          Or, après enquête, il fut établi que la jeune fille avait menti. 
           La morale débile de notre système quant à sexualité des jeunes vaut-elle tous ces meurtres déguisés en acte de protection ?  La sexualité est la pierre angulaire de la liberté et de la vie privée.  La morale des adultes est plus une tyrannie...

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Posté le 29.05.2009 à 03:46

      Sophie était au désespoir.  Elle voulait en effet se tuer tant elle se sentait coupable d'avoir créé tous ces problèmes, d'être responsable de l'arrestation de Céline, de la faillite éventuelle de sa mère, incapable de payer seule la maison.  Le système fait plus de mal pour solutionner les histoires de moeurs qu'il ne répare la situation.  Comment pouvait-elle avoir provoqué toute cette haine , elle , qui aimait tant sa tante ?  Pouvait-elle prévoir que l'on manipulerait ainsi ses confidences ?  Pourquoi le système a-t-il tant besoin de coupables , de haine pour les crimes mineurs ?  Pourquoi est-il plus important de protéger les petits seins et les pénis que les cerveaux ?  La drogue fait plus de victimes que la sexualité.  La violence est -elle autre chose que le fruit de la misère et de la frustration ?  Pourquoi ne s'occupe-t-on pas des vrais crimes violents, de la vente des drogues dures dans les écoles ?  Parce que ça rapporte des millions ... Pourquoi le monde n'apprend -il pas à se mêler de ses affaires quand il s'agit d'une belle histoire d'amour, sans violence, sans domination, ni intimidation ?  Qu'est ce qui donne le droit aux adultes de priver les jeunes de ce qu'ils ont de plus précieux : leur sexualité ?  Un droit fondamental a-t-il un âge pour s'appliquer ?
      Sophie pleura toute la nuit .  Le matin, elle ne put manger et obtint finalement à la fin de l'avant-midi, la permission de téléphoner à sa mère.  La responsable de la maison l'avisa qu'elle devait rencontrer sa mère à la fin de la journée pour se rendre chez elle prendre du linge de rechange.  « Dire que je voulais de l'aide et maintenant je me retrouve la coupable, la prisonnière.  On me prive de tout ce que j'aime en faisant croire que c'est pour me protéger. »
     Sophie rencontra Pauline vers la fin de la journée,  comme prévu.  Elles partirent ensemble en auto pour aller à la maison.  Au début , ce fut le silence total.  Toutes les deux pleuraient chacune de leur bord.  Deux femmes broyées par la douleur.  Pauline rompit le silence, coupant chaque mot d'un vif regard vers Sophie : 
     --  Cet avant-midi, je suis allée porter 2,000 dollars de caution pour permettre à Céline de recouvrer sa liberté.  Elle devrait être à la maison quand nous y arriverons.  Elle subira son procès dans deux mois.  Elle est accusée de t'avoir touchée.  Céline m'a juré qu'elle ne t'en veut pas.  Elle a ajouté que cette situation est le fruit d'une éducation sexuelle d'hypocrites, basée sur la peur , la honte et le mensonge, comme le reste des valeurs de notre société. 
      Le silence s'installa de nouveau, coupé cette fois , par les renifflements de Sophie qui pleurait à plein poumon.
     Arrivée à la maison, Sophie se précipita à l'intérieur, anxieuse de retrouver Céline, de lui expliquer et peut-être se faire pardonner.  Il n'y avait personne dans le salon, mais dans la cuisine une lettre avait été déposée sur la table.  Sophie crut que Céline avait décidé de quitter la famille.  C'est entre les larmes qu'elle lut la missive :
    « Ma belle biche,
              Ne t'en fais pas  !  Je te comprends et je te pardonne.  Une jeune ne peut pas savoir qu'il n'y a aucun mal dans la liberté sexuelle.  Tu ne pouvais pas connaître la méchanceté et l'acharnement de ceux et celles qui régissent la vie des autres, du haut de leur fonction, sans égard aux sentiments.  Tu es avec Pauline les personnes que j'ai le plus aimées.  Merci de m'avoir permis de connaître les seules choses qui méritent d'être vécues : l'affection et l'amour.  Je conserve le souvenir immortel de l'affection que nous avions l'une pour l'autre.  Le monde est tellement mesquin et méchant ... Sans rancune.  Grosses bises !  Don't worry , be happy !  tu le mérites.  Tantouse, Céline »
      Après avoir lu cette courte lettre Sophie se réfugion dans le toilette pour pleurer en paix.  Un cri.  Pauline le reçut comme un coup de poing en pleine figure, elle se précipita juste à temps pour retenir Sophie frappée par une peine immense et par l'horreur de la scène. 


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Posté le 27.05.2009 à 23:24

      --  Pis, si elle aimait ça, qu'est-ce que ça vous fait , vous ?  Vous êtes jalouse ?  Sophie, si tu me dis que tu étais consentante, je l'accepte.  Je ne partage pas ton point de vue, mais je te respecte assez pour te laisser le libre choix. 
      Madame Dubois était sous le choc, mais tellement certaine de son pouvoir qu'elle rétorqua immédiatement.:
      --  Quoique vous disiez  ne changera rien : maintenant nous savons aussi et les choses ne sont plus les mêmes.
      --  Parce que vous avez le monopole de la vérité ?  Parce que vous savez ce qui est le mieux pour elle ?
     --  Parce que que ce sont les lois.  Elles sont là.  Nous avons étudié le " cas " et nous avons décidé que Sophie sera immédiatement placée en famille d'accueil.  Elle y sera conduite dès ce soir.
      --  Vous n'avez pas le droit !, s'exclama Pauline.  La DPEJ n'a qu'un contrôle consultatif et tout le système, à ce que je sache, vise à éviter les placements. 
      --  La DPEJ a tous les droits.  Sophie sera placée en famille d'accueil et vous, vous porterez plainte contre Céline.  Sinon, vous serez aussi accusée d'être une mère indigne.
      --  Vous êtes malade !  Comment pouvez-vous prétendre défendre les intérêts de Sophie en la retirant de sa famille, une famille qui l'aime tant ?  Et, seule, je n'arriverai jamais à subvenir à nos besoins.  L'appartement coûte trop cher.
        --  C'est votre problème.  Vous n'avez pas le choix,
     --  Peut-être pas ma mère, mais moi , si ! ,  rétorqua Sophie.  J'ai 14 ans, donc, l'âge légal de consentement.  J'ai le droit de décider où je vivrai.  Je suis très bien chez moi et il n'est pas question de les laisser.
     --  Vous n'avez pas le choix, car il s'agit d'un acte criminel commis alors que vous n'aviez pas 14 ans ...
     --  La Charte des droits m'accorde ce choix, affima Sophie.
     ==  Pour une fille de quatorze ans, tu as l'air d'être au courant de pas mal de chose, mais tu oublies qu'un juge peut en décider tout autrement.  Il peut décider que tu étais alors trop jeune pour choisir et je te jure, si ta mère ne porte pas plainte, elle en bavera puisqu'elle ne s'est pas ouvert les yeux quand il en était temps,  Elle perdra tous ses droits sur toi ainsi que les avantages sociaux.
     --  Que vous êtes sale ! , cria Sophie.  Et, vous êtes une travailleuse sociale...  Comment pouvez-vous croire que détruire une famille , ça peut être le bien de la petite ?  Qui êtes-vous pour juger de notre bien et de notre bonheur ?  Qui vous donne le droit de nous détruire pour correspondre exactement aux normes de vos manuels ?  Vous êtes un véritable monstre  !
      --  Peut importe.  Je ne suis pas là pour discuter, mais pour régler le problème.
      À ce moment, quelqu'un frappa à la porte.  Un policier fit interruption.
   --  Bonjour monsieur l'agent, dit Madame Dubois.  J'ai un double mandat d'un juge.  Vous devez mener la petite à cette adresse  et vous rendre à la deuxième adresse pour y arrêter Céline Labonté.
      Le policier lut le mandat et pria Sophie de le suivre.  Sophie était en larmes, hystérique.
    -- Maman, tu ne peux pas les laisser faire, tu ne peux pas permettre !  ...  Si on me place , je me tuerai.  Demande pardon à Céline pour moi ... je ne savais pas que notre société était aussi folle ...
     Pauline pleurait elle aussi pendant que la Dubois dévorait l'orgueil de son pouvoir, croyant avoir résolu la situation pour le bien de tous.
     Le policier saisit Sophie par le bras  et l'entraîna à l'extérieur malgré ses cris. 
     --  Maintenant ,  si vous voulez  avoir une chance  de revoir votre fille, vous allez signer cette plainte contre votre soeur ?  Vous pourrez retrouver Sophie quand Céline ne sera plus un danger pour elle.  Donc, quand elle sera en prison.  Si vous ne le faites pas, ça ne changera rien, la DPEJ le fera pour vous.
     Pauline était à demi-folle.  Elle ne savait plus comment réagir.  Elle ne songea qu'à revoir Sophie et signa le document qu'on la forçait à signer.  Vive la liberté !  Elle avait le coeur déchiré et semblait vivre une réalité plus horrible qu'un cauchemar.
     --  C'est mieux ainsi !   Vous devenez raisonnable.  Dès que Céline sera en prison, Sophie pourra retourner chez vous.
     -- Vous êtes perfide !  Vous abusez de votre pouvoir pour imposer votre façon de percevoir le monde.  Croyez-vous que Sophie sera plus heureuse en étant séparée de moi et de Céline ?   Vous vous foutez de ce qu'elle vit , de sa douleur, pourvu que votre maudite morale l'emporte sur tous les autres points de vue.  Vous l'avez entendu se lamenter et vous essayez de me faire croire que vous agissez ainsi pour le bien de Sophie ?  Vous vous fichez bien du mal que vous lui faites, en autant que vous appliquiez les normes et les solutions que vous avez apprises dans votre cours de travailleuse sociale.  Sl ma Sophie reste malheureuse , à cause de vous, je vous le ferai payer cher !  

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Posté le 27.05.2009 à 22:28

     Sophie sentit ses jambes fléchir.  Ainsi, la soupçonnait-on d'être lesbienne.  Toute la honte de cette situation l'écrasa.  Mais, elle savait, elle, qu'elle n'était pas lesbienne.  Maxime avait beaucoup trop d'importance pour qu'elle ait cette orientation sexuelle. Elle l'aimait avec fugue et passion.
      La jeune fille prit son courage à deux mains et frappa à la porte, un peu anxieuse de découvrir qui discutait avec tant d'à-propos avec sa professeure.
      Elle ne fut pas surprise de reconnaître une psycho-éducatrice qui travaillait parfois à l'école.  Mme Jubinville avait une vision plus ouverte, plus humaine de l'adolescence et particulièrement, de la sexualité.  Probablement , qu'elle les connaissait mieux que madame  Durosier qui n'exerçait sa profession qu'en transmettant ce qu'on lui disait dans les livres, sans jamais rien remettre en question.  Il y avait aussi une travailleuse sociale qu'elle ne connaissait pas.
      Peu après,  sa mère, Pauline, fit son entrée.  Sophie était rassurée de voir sa mère car, malgré tout, elle espérait qu'elle comprendrait.  Son regard le garantissait.
      Madame Durosier leur apprit Mme Dubois  était aussi représentante de la Direction de la protection de l'enfance et de la jeunesse (DPEJ) .  Tout le monde était là.  La réunion pouvait commencer.
      -- Vous savez de quoi il s'agit  : Sophie est victime d'agressions sexuelles de la part de sa tante Céline.  Il faut la protéger.  L'urgence d'agir est évidente, 
      Sophie regarda sa mère étonnée.  Pauline, malgré sa nervosité., ne bronchait pas. Elle écoutait sans manifester ses sentiments .  Sophie la scruta des yeux et sut comprendre que Pauline ne partageait pas le point de vue de madame Durosier.
      -- Pardon, s'objecta Pauline , comme mère de Sophie, je pense aussi avoir un mot à dire.  Je ne suis pas d'accord à ce que vous parliez de ma soeur Céline comme d'une dégénérée.  Elle a certes ses problèmes.  Elle est lesbienne et c'est son droit.  Quant aux accusations que vous prétendez tenir de Sophie , j'en doute, mais c'est possible.  Sophie n'a jamais manifesté le moindre malaise à vivre avec Céline, tout au contraire.  Sophie a réappris à sourire, à s'aimer et à être heureuse depuis que Céline  vit avec nous.  Pourquoi si soudainement serait-elle victime d'assauts  ?  Qu'en dis-tu , ma fille ?
       Sophie se sentit troublée.  Elle revenait le centre du problème, ce qui était bien normal.  Mais, cette fois, toute la situation avait bien changé : ses aveux étaient un piège.  Elle voulait être rassurée et elle était devenue , bien malgré elle, parce qu'on l'avait entraînée que c'était pour son bien de devenir délatrice.  Elle était coincée entre son amour illimité et la peur de sa propre image, de la déchéance imaginée.  Évidemment, personne ne lui disait qu'elle pouvait refuser de continuer de jouer ce rôle qui l'écoeurait de plus en plus. 
       Sophie regarda sa mère et lui avoua bien piteusement.
      --  C'est vrai , maman, que nous nous caressons depuis bien longtemps, moi et ma tante Céline , quand tu n'es pas là.  Mais, je te jure, ce n'est pas ma tante Céline qui m'y force.  J'ai juste voulu savoir, essayer cela et j'ai vraiment aimé ça.  J'ai récemment eu peur que ce soit aussi mal que tout le monde le dit.  Aussi, j'en ai parlé à mon prof , seulement pour tirer les choses au clair et me soulager la conscience. Je changeais d'avis depuis que Maxime est entré dans ma vie.  Je voulais garder mon corps pour lui.  Pourrais-je me passer de ces merveilleux moments avec Céline ?  Je t'en aurais glissé un mot, mais à cause de ton travail, je ne pouvais jamais te parler sérieusement, profondément.  Je ne voulais pas créer de problème.  Si j'avais su, j'aurais gardé ça pour moi.
        Sophie éclata en sanglots.
       Pauline s'approcha, prit Sophie dans ses bras et la consola.
      --  Voyons, ma chouete , il ne faut pas en faire un drame.  Viens !  nous n'avons plus rien à faire ici.
      Pauline saisit la main de Sophie qui avait pu enfin se resaisir.  Pauline et Sophie allaient partir quand madame Dubois hurla :
     --  Minute !  Minute !  La petite a bien dit que sa tante l'a touchée.  C'est illégal et ¸a ne oeut pas en rester là, pour le bien de l'enfant.
     Sophie , très énervée, lança:
      --  C'était avant que je recontre Maxime.  Les choses ne sont plus les mêmes ...
     --  Cela n'a pas d'importance !  C'est arrivé, c'est tout !  Si ta tante te caresse, elle en caresse d'autres.  Il faut te protéger contre toi-même.  Tu ne sembles pas réaliser la gravité de la situation.  Tu es encore trop jeune pour comprendre.
     --  Comprendre quoi ?
      Cette fois, Pauline n'entendait pas laisser sa fille se faire écraser au nom d'une morale datant des catacombes. 
       --  Pis, si elle aimait ça , qu'est-ce que  

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Posté le 27.05.2009 à 22:28

     Sophie sentit ses jambes fléchir.  Ainsi, la soupçonnait-on d'être lesbienne.  Toute la honte de cette situation l'écrasa.  Mais, elle savait, elle, qu'elle n'était pas lesbienne.  Maxime avait beaucoup trop d'importance pour qu'elle ait cette orientation sexuelle. Elle l'aimait avec fugue et passion.
      La jeune fille prit son courage à deux mains et frappa à la porte, un peu anxieuse de découvrir qui discutait avec tant d'à-propos avec sa professeure.
      Elle ne fut pas surprise de reconnaître une psycho-éducatrice qui travaillait parfois à l'école.  Mme Jubinville avait une vision plus ouverte, plus humaine de l'adolescence et particulièrement, de la sexualité.  Probablement , qu'elle les connaissait mieux que madame  Durosier qui n'exerçait sa profession qu'en transmettant ce qu'on lui disait dans les livres, sans jamais rien remettre en question.  Il y avait aussi une travailleuse sociale qu'elle ne connaissait pas.
      Peu après,  sa mère, Pauline, fit son entrée.  Sophie était rassurée de voir sa mère car, malgré tout, elle espérait qu'elle comprendrait.  Son regard le garantissait.
      Madame Durosier leur apprit Mme Dubois  était aussi représentante de la Direction de la protection de l'enfance et de la jeunesse (DPEJ) .  Tout le monde était là.  La réunion pouvait commencer.
      -- Vous savez de quoi il s'agit  : Sophie est victime d'agressions sexuelles de la part de sa tante Céline.  Il faut la protéger.  L'urgence d'agir est évidente, 
      Sophie regarda sa mère étonnée.  Pauline, malgré sa nervosité., ne bronchait pas. Elle écoutait sans manifester ses sentiments .  Sophie la scruta des yeux et sut comprendre que Pauline ne partageait pas le point de vue de madame Durosier.
      -- Pardon, s'objecta Pauline , comme mère de Sophie, je pense aussi avoir un mot à dire.  Je ne suis pas d'accord à ce que vous parliez de ma soeur Céline comme d'une dégénérée.  Elle a certes ses problèmes.  Elle est lesbienne et c'est son droit.  Quant aux accusations que vous prétendez tenir de Sophie , j'en doute, mais c'est possible.  Sophie n'a jamais manifesté le moindre malaise à vivre avec Céline, tout au contraire.  Sophie a réappris à sourire, à s'aimer et à être heureuse depuis que Céline  vit avec nous.  Pourquoi si soudainement serait-elle victime d'assauts  ?  Qu'en dis-tu , ma fille ?
       Sophie se sentit troublée.  Elle revenait le centre du problème, ce qui était bien normal.  Mais, cette fois, toute la situation avait bien changé : ses aveux étaient un piège.  Elle voulait être rassurée et elle était devenue , bien malgré elle, parce qu'on l'avait entraînée que c'était pour son bien de devenir délatrice.  Elle était coincée entre son amour illimité et la peur de sa propre image, de la déchéance imaginée.  Évidemment, personne ne lui disait qu'elle pouvait refuser de continuer de jouer ce rôle qui l'écoeurait de plus en plus. 
       Sophie regarda sa mère et lui avoua bien piteusement.
      --  C'est vrai , maman, que nous nous caressons depuis bien longtemps, moi et ma tante Céline , quand tu n'es pas là.  Mais, je te jure, ce n'est pas ma tante Céline qui m'y force.  J'ai juste voulu savoir, essayer cela et j'ai vraiment aimé ça.  J'ai récemment eu peur que ce soit aussi mal que tout le monde le dit.  Aussi, j'en ai parlé à mon prof , seulement pour tirer les choses au clair et me soulager la conscience. Je changeais d'avis depuis que Maxime est entré dans ma vie.  Je voulais garder mon corps pour lui.  Pourrais-je me passer de ces merveilleux moments avec Céline ?  Je t'en aurais glissé un mot, mais à cause de ton travail, je ne pouvais jamais te parler sérieusement, profondément.  Je ne voulais pas créer de problème.  Si j'avais su, j'aurais gardé ça pour moi.
        Sophie éclata en sanglots.
       Pauline s'approcha, prit Sophie dans ses bras et la consola.
      --  Voyons, ma chouete , il ne faut pas en faire un drame.  Viens !  nous n'avons plus rien à faire ici.
      Pauline saisit la main de Sophie qui avait pu enfin se resaisir.  Pauline et Sophie allaient partir quand madame Dubois hurla :
     --  Minute !  Minute !  La petite a bien dit que sa tante l'a touchée.  C'est illégal et ¸a ne oeut pas en rester là, pour le bien de l'enfant.
     Sophie , très énervée, lança:
      --  C'était avant que je recontre Maxime.  Les choses ne sont plus les mêmes ...
     --  Cela n'a pas d'importance !  C'est arrivé, c'est tout !  Si ta tante te caresse, elle en caresse d'autres.  Il faut te protéger contre toi-même.  Tu ne sembles pas réaliser la gravité de la situation.  Tu es encore trop jeune pour comprendre.
     --  Comprendre quoi ?
      Cette fois, Pauline n'entendait pas laisser sa fille se faire écraser au nom d'une morale datant des catacombes. 
       --  Pis, si elle aimait ça , qu'est-ce  

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