Quand ton corps sous mes yeux
chante la gamme des sourires.
Tout ce que j'hais du monde
je le bannis de ta présence.
Je ranime le vent en soufflant dans tes cheveux
je chante le printemps en humant ta fraîcheur.
Avec toi
Au-delà du bien tout est noir
au-delà de la folie tout est musique.
À l'ombre de ta jeunesse
en transe et devenir
tes lèvres-paysages
d'ailleurs et dans mes rêves
m'incitent à voyager
sur le fil tendu
de nos amours interdits.
De mon lit
où nous étions seuls tous les deux
étendus entre deux feux
j'ai entendu
les portes de l'enfer
gémir aux quatre vents.
Satan claquait des dents
au rythme d'une valse
que dansaient ses amants.
Lucifer prenait un verre
à la santé des mariés du jour
qui, en l'occurence,
était nul autre que nous.
Pour regarder
par le trou de la serrure
Belzébuth
faisait la culbute et nous
nous grelottions
de peur
de peur
d'être trop jouisseurs
au nez de nos compagnons
d'une nuit en enfer.
Tiré de Hymnes à l'amour, le vice et la révolte, 1968.
Blottie dans un rideau
la mer sur le bout des orteils
fait de l'oeil aux étoiles
et dans sa frénésie
craque ses os dans un bruit de vieux métal
qui chatouille Satan et le rend hors d'haleine.
L'amour est grand roi
même le lion lèche la gazelle
la haine est brigand
même les jalousies sont en quarantaine,
Et, c'est grand bal de la victoire !
St-Michel dans avec la vierge Marie
au tralala des gémissements humains.
St-Jean sert le cocktail
-- au musc de putain--
dans un bocal de chair.
Et , dans une troisième leçon
la Ste-Trinité s'embrasse, ivre de passion,
devant les chérubins
qui tripotent les archanges.
Tiré de Hymne à l'amour, le vice et la révolte, 1968.
La folie est un acte physique
l'acte suprème du cerveau en révolte
un sentier dans la brume chaude
un pas vers un effroyable néant .
La folie, nuage de frustrations
pénètre dans le crâne qu'elle disloque
s'insère entre les os ...
La folie
une pluie
une lance en flammes dans la colonne vertérbrale
une toile d'arraignée fluide
mariage des yeux et de l'enfer
sifflement tendu d'un même son
La folie est électrique
provoque sans raison, sans valeur
la hantise d'être possédé.
La folie
une simple envie , mais ferme
de dégueuler contre la vie
de l'écraser contre un mur
de la voler, de la violer...
J'envie cette folie
son cheminement vers l'océan
les sang dans nos veines
la colère sans borne à défoncer le réel
La folie nous nourrir
quand on s'y attend le moins
elle émerge dans notre corps
et , vous êtes cuits !