-- Poèmes -- Journal intime -réflexions
466 billet(s) - 10 commentaire(s) - 2447 visiteur(s) au total - 60 visiteur(s) aujourd'hui
Posté le 17.05.2009 à 22:09

   J'oubliais un détail très important : la page couverture regroupant toutes les nouvelles du recueil  "Le temps des cauchemars" a été faite par le pientre La Toan Vinh  alors que les illustrations sont de Gabriel Deshaies, de Val-d'Or.

Aucun commentaire - Poster un commentaire


Posté le 17.05.2009 à 21:56

     À la porte de son logement, il rencontra Mathieu qui l'avait instruit du concours.  Exubérant, il lui tapota les épaules, multiplia les « mon ami, mon frère».  Il n'avait pas été aussi heureux depuis très longtemps.  Par humilité , il attendit quelques minutes avant de se vanter de son travail fortement inspiré par le siècle.  « Il révolutionnerait certainement la littérature «, affirma-t-il.
     La joie fit presque oublier à Mathieu pourquoi il s'était rendu chez Pierre.
    --  Au fait , dit Mathieu, j'ai oublié de te rendre les 200$ que tu m'as prêtés.  Les voici.
    Pierre refusa presque tant son bonheur était grand.  Son succès futur lui faisait oublier jusqu'à sa faim.  
    Il grimpa chez lui ranger ses précieux documents.  Il les classa.  C'était pour les Archives nationales, pour les chercheurs de demain.  Il conserva les manuscrits, ceux finalement qui contenaient bien peu de ratures  :  l'humanité saura reconnaître ainsi mon assurance».  Les autres feuilles prirent le chemin de la poubelle comme des preuves à éliminer. « Un génie crée tout dès le premier  jet».
    Le bulletin de participation du concours s'échappa d'un groupe de feuilles inutiles et il glissa sur le plancher.  Pierre se pencha, le ramassa avec préciosité, l'embrassa.
    C'est alors que le titre lui creva les yeux.  Il en demeura abasourdi, sidéré.  Il le répéta, troublé, pesant chaque syllabe. Sa surprise était de taille.  Il relut les lettres une à une.  Elles semblaient grossir pour le narguer : 
                            «QUATRIÈME CONCOURS DE POÉSIE. » 

Et voilà, non seulement j'ai eu le plasir d'écrire cette nouvelle littéraire, mais aussi de m'en servir quand j'enseignais la nouvelle littéraire aux élèves de troisième.  Depuis, on a laissé tomber certaines règles, mais j'exigeais qu'elles fussent respectées pour que les étudiants réalisent les différences qui existent entre chaque genre littéraire.  Je dois avouer que j'admirais l'imagination des jeunes quand ils avaient à en produire une.  Enseigner fut toujours pour moi un délice intellectuel.  Les jeunes sont non seulement attachants , mais surprenants.  Je me sentais sans imagination à côté d'eux.

Aucun commentaire - Poster un commentaire


Posté le 16.05.2009 à 22:42

     « Une femme court au magasin acheter un litre de lait.  Un voisin la retient.  Un lit à vendre.  La conversation s'allonge.  Elle retourne chez-elle juste à temps pour sauver son souper.  Belle introduction.  Rien de plus vraissemblable  : deux femmes qui parlent , le commérage... Puis, c'est l'élément déclencheur :  la petite affaire qui vient tout bouleverser, qui précipite une une situation anodine en véritable cauchemar, pleine d'inattendu... La mère s'aperçoit que la petite fille a disparu ... Elle cherche partout où elle peut imaginer la retrouver.  Sans résultat.  Elle panique.  Elle court de maison en maison, pas d'enfant.  Les voisins alertés, toute la rue se lance à la recherche de la gamine.  La mère, bouleversée, appelle la police.  Battue générale dans la ville.  Nuit de tempête et de froid.  Des amis gardent la maman à coucher, S.O.S. à la radio.  Les émissions se succèdent.  Toutes les hypothèses sont lancées.  Évidemment, on craint un incommu ... où était-ce cet enfant qui marchait vers le lac ?  La mère court d'une station de télévision à l'autre.  Une photo est montrée partout.  La femme se rend à la maison chercher une photo plus récente, la plus grande, pour une autre chaîne de télévision plus capricieuse.  La porte du grenier est entrouverte.  Elle monte.  L'enfant dort à poings fermés dans son ancien berceau.  Caprice d'enfant !  Le pouce entre les dents. »
     Vite !  À la course !  Il se remit au travail.  Il ne lui restait plus qu'à photocopier le texte en quatre copies.  Pas d'argent.  Tout était bel et bien fini.  Une idée !  Il fouilla dans ses paperasses , sortit des papiers carbones.  Il écrivit sans arrêter .  Plus il se hâtait , plus les fautes pleuvaient.  Il transpirait à grosses gouttes.  Chaque seconde comptait.
    Encore le téléphone.  Pierre sauta dessus.  « Un téléphone, c'est toujours un instrument de supplice...», songea-t-il.  Il regarda son cadran, rongé d'anxiété.  Et il tira le fil.
    Il termina son texte de de peine et de misère.  Affolé, devant la Caisse Populaire , il s'aperçut qu'il avait oublié la moitié de son chef-d'oeuvre sur la table.  Il revint à son point de départ.  Il courut, tomba dans les escaliers, se releva, arriva juste au moment où l'on fermait les portes de l'édifice où logeait Radio-Québec.
     Incapable de se retenir plus longtemps, il laissa échapper un «Grouillez-vous ! ».  Il essuya le regard d'une secrétaire capable de le tuer.  Il entra enfin au bureau indiqué dans l'adresse.  Juste à temps.  Épuisé.  Essoufflé.  Il remit son enveloppe et s'écrasa sur le plancher.  Il reprit vite conscience.  Les secrétaires le regardaient ahuries, lui reprochant de retarder leur départ.  Qu'importe c'était mission accomplie.
     À la sortie, ses yeux se transformèrent.  Il reprit sa politesse.  Il rayonnait, se pavanait.  Gonflé d'orgueil, il marchait sans se soucier de sa destination.  Il était devenu un auteur.  Il s'offusqua qu'on ne le remarqua pas davantage et pensa qu'il fallait peut-être attendre les résultats du concours avant de connaître sa gloire.
    Il revint à la maison à pied.
    Tout était beau.  La circulation , dans laquelle les autos se tamponnaient presque , l'émerveilla.  Quelle poésie !  Il souriait aux conducteurs qui avaient mines impatientes.  Il salua le soleil qui disparaissait.  Tout était merveilleux.  Il était enfin quelqu'un .  Maintenant , l'humanité ne saurait plus se passer de lui.    

Aucun commentaire - Poster un commentaire


Posté le 15.05.2009 à 17:03

     Trois heures.  Le téléphone retentit de nouveau.  C'était encore l'école ontarienne à la recherche de missionnaire en français.  Dupuis se rappela que peu de temps avant , l'Ontario avait interdit l'enseignement du français.  Même en Ontario , les choses ont changé quand le Québec a commencé à vouloir devenir un pays indépendant.  Dupuis se rappela aussi comment pendant la crise économique de 1980 à 1985, Ottawa et Toronto subventionnèrent les industries et les sièges sociaux pour déménager du Québec à la province de l'Ontario et faire croire que le référendum ou le vote péquiste avait un effet négatif sur l'avenir.  Serait-il complice d'une autre crise de chômage, déguisé cette fois, sur le plan culturel ?  Au diable !  Ils se sont servis de l'immigration pour nous noyer et ils se servent maintenant d'emplois alléchants pour nous attirer à l'extérieur et nous assimiler à petit feu, en essayant encore de nous déraciner . « Up yours !».
     Il valait mieux oublier cette distraction et s'engouffrer dans un travail de création.  Il revit chaque papier .  Ausculta chaque phrase.  Rien.  Le vide total.  Pierre se crut le pire des abrutis.  Il détesta jusqu'à sa coupe de cheveux.  Devant un miroir , comme un avocat , il se mit à nu.  Il s'accusa de tous les défauts, écrasa chacune de ses qualités.  Il était vraiment le dernier des rénégats, des crétins.  Un incapable.  Un impuissant.  Il se fit des grimaces , se menaça, mais ne trouva aucun moyen de se pardonner, de se faire pitié.
     Il ouvrit son frigidaire.  Trois oeufs !  N'était-il pas mieux d'en finir en se laissant mourir de faim ?  Il pourrait dans une lettre expliquer ce qui l'avait poussé à poser ce geste.  Peut-être que sa mort réussirait là où il avait échoué : faire comprendre la difficulté de vivre en marginal.  Il opta pour manger, après tout , il n'était pas certain qu'un journaliste s'emparerait de l'affaire.  Un mort à la seconde, son sacrifice risquait de passer inaperçu.  Aujourd'hui, même la mort ne consacre plus les artistes.  Il y en a trop pour être vite reconnu.  Il mangea les trois oeufs à coque, péta pour Steve ( une vieille tradition interne) et se dépêcha de hanter les rues de Val-d'Or, espérant un miracle quelconque.
     Il déambula quelques heures.  Il scruta les trottoirs.  Il ne trouva même pas " une cenne de chance".  Il n'en doutait plus : sa déchéance était complète.  Trois échelles se retrouvèrent sur sa route et, comble de malheur, une vieille dame lui offrit un chat noir, petit, tout de même !  Il était complètement abattu.  Jamais il ne s'en sortirait...
     Il saisit une vieille Presse, édition du dimanche, qui traînait sur un banc.  Il lut l'horoscope.  «  La chance vous pourchasse.  Vous recevrez une somme d'argent inespérée.  Ayez confiance en vous !  Vos efforts seront récompensés.»  Il se sentit revivre.  Jamais son horoscope ne l'avait trompé.  Il ne douta plus une minute.  Il remporterait le prix de la nouvelle littéraire.  Il retourna chez lui à toute vitesse.  Il s'installa à sa table de travail, mais rien ne venait.  Et , il en était à une journée de l'heure de tombée.  Les doutes le saisirent à nouveau.
      Le téléphone sonna encore une fois.  Pas de chance.  Ce n'était qu'Hélène.  « Chaque fois que j'ai besoin de me concentrer , elle téléphone.  J'aurais dû débrancher.  Elle en a toujours pour une heure à me raconter ses peines.  Ma dernière soirée est à l'eau.  Je ne finirai jamais à temps«, se dit Pierre.
     Hélène était plus troublée qu'à l'habitude.  Elle pleurait.  Elle raconta en utilisant mille détails la disparition de sa fillette Marie- Ange.
     Pierre hésita.  Il faut écouter les gens perdus dans une si profonde douleur.
     Il était plus important d'être un ami que de triompher sur la place publique, décida-t-il.
     --  As-tu averti la police ?
     --  Non !  je l'ai oublié.  Je suis si énervée.  Je te laisse . Je vais le faire maintenant.  Je te donnerai des nouvelles.
     Sauvé  !  Pierre respira.  Il ébaucha un teste qui lui sembla aussitôt insignifiant.  Il était déjà envahi par les propos d'Hélène.  Le téléphone retentit à nouveau.  « Je ne peux pas avoir plus d'une heure de liberté, nom de  ... ! »
     --  Oui ?
     --   C'est encore moi.  C'est Hélène.  ( Comme s'il ne l'avait pas reconnue ! ) . J'ai retrouvé Marie-Ange. Elle était couchée au grenier.  Je ne sais pas pourquoi elle est montée là.  Je me le demande encore.
     Le monologue dura plus d'une heure.  Hélène répéta le même disque à toutes les dix minutes.  Pierre écouta patiemment , plaçant le début d'un commentaire quand il le pouvait .  Enfin, il pu regagner ses essais.  Hélène avait raccroché après mille mercis car elle s'était rendue compte que la porte du grenier était entreouverte , en allant lui téléphoner.  Pierre était sans le vouloir devenu le sauveur.
     Il s'écrasa sur son sofa.  Ce tourbillon de mots l'avait étourdi.  Il songeait à cette pénible aventure quand il sursauta :  « La voilà, ma nouvelle.»        

Aucun commentaire - Poster un commentaire


Posté le 14.05.2009 à 16:09

     Pour se changer les idées, il se refugia au parc.  Les sapins frissonnaient.  Il se prit d'affection pour un écureuil qui venait , à tout hasard, vérifier s'il n'y aurait pas une cacahouète , près du banc.  Pierre fut étonné de la hardiesse de cette bête aussi pressée par le temps qu'il l'était, lui.  Quelle tenacité à renifler tous les gazons, à bondir d'un arbre à l'autre. Quelle agilité !  Il l'admirait de le voir aussi prévoyant, car l'hiver ne tarderait plus.
     Il philosopha sur le sens de la vie. « Il est plus facile à un animal  de survivre qu'à un homme.», conclut-il. Nonchalamment , ses pas l'entraînèrent au centre-ville.  Le luxe s'étalait dans les vitrines, lui rappelant son indigence.  Sans trop s'en rendre compte, il pénétra dans la Taverne des Sports, jeta un rapide coup d'oeil.  Des gens attablés discutaient bruyamment.  D'autres s'ennuyaient visiblement.  Seul, dans son coin, il délira sur son sort, répondit au serveur qu'il attendait quelqu'un, remarqua, presque intéressé, une femme se refaire une coiffure dans la vitrine devenue miroir d'occasion.  « Pourquoi la vie s'acharnait-elle contre lui ?  N'avait-il pas fait tous les efforts humainement possibles pour réussir ? » Une bière arriva à sa table, devant lui ... Où était cet ami qu'il ne connaissait pas  ?  Probablement parti, trop vite pour recevoir un merci.  Il but goulûment cette bière comme pour échapper à mourir de soif et se remonter le moral.  Chaque gorgée brûlait une raison d'espérer.
     Il entra chez lui découragé.  Il prit une douche et se coucha.  Après tout , ses rêves étaient encore plus faciles à supporter que la réalité.  Les cauchemars se succédèrent.  Pendu, un de ses livres le traitait de raté.  Il était poursuivi par des mots qui prétendaient avoir été écorchés.
     Le téléphone le tira d'impasse.
     Le directeur d'une école lui offrait un poste dans une classe de huitième année-immersion, à Sault-Ste-Marie, en Ontario.  Il devait cependant passer une entrevue.
     Qu'irait-il faire dans ce pays étranger qui ne parle presque seulement l'anglais, le Canada , et qui se prétend sien en écrasant les francophones, particulièrement, les Québécois  ?  Si le Canada était à toute fin pratique unilingue anglais avant le référendum sur l'indépendance du Québec, son appendice français, pourquoi deviendrait-il bilingue maintenant que les liens sont coupés ?  Pourquoi jouer aux hypocrites en faisant croire que le français hors-Québec est autre chose que du folklore ?
     Pierre revint à sa nouvelle.  Des centaines de fois, il avait songé à travailler à l'extérieur du Québec , mais chaque fois, il s'était dit que sa culture valait mieux qu'un bon salaire.  La prostitution , ce n'était pas son domaine et il ne croyait plus à la possibilité que nos voisins nous respectent après nous avoir si longtemps humiliés, avec autant de plaisir. 
     Il se remit au travail.  Les plans se multiplièrent .  Ils s'étalaient dans chaque espace vide.  Un bon scénariste aurait pu nourrir une chaîne de télévision pour un an avec toutes ces idées.  Pierre n'était jamais satisfait.  Souvent, ses aventures naissaient d'un dessin qu'il griffonnait pour mieux se concentrer.  La citation d'un auteur aimé donnait naissance à des péripéties rocambulesques , palpitantes.  « Plus proche vraiment du roman policier que de la nouvelle.», trancha-t-il.  Les textes remplissaient déjà un cahier , mais rien ne permettait de répondre aux exigences littéraires qu'il s'était fixées.  C'était trop descriptif ou trop poétique.  Les dialogues intérieurs , riches en émotivité, manquaient d'action, prenaient trop de place. Les personnages étaient trop nombreux, trop flous.
     Pierre douta de son talent.  Il décida que ce concours serait le dernier.  Tant d'efforts pour aboutir à la poubelle !  Quelle foutaise !  Avec les milliers d'écrivains qui meublent les bibliothèques , il n'était qu'un simple inconnu dans cet univers.  Il ne trouvait pas sa place.  Il fallait innover, mais innover en quoi ?
     Il en vint à en avoir contre tout l'univers.  Cette société dégénérée où tout est argent, l'excédait.  Quelle vie !  Travailler pour nourrir les maisons de finance.  Travailler pour se faire gruger plus du tiers en impôts.  Travailler pour perpétuer ces semaines à se demander comment boucler le budget.  Travailer pour qu'à chaque augmentation de salaire d'un dollar, le coût de la vie grimpe de deux.  Travailler pour faire vivre la mafia gouvernementale légale et cautionnée par nos votes.  Nourrir ce srichards internationaux qui dénient de plus en plus le droit des pays de leur refuser d'être des usines d'esclaves. Travailler ou passer sa vie à étudier , car on ne peut plus dire " qui s'instruit, s'enrichit "  ;  maintenant on te refuse un travail sous prétexte que tu es trop qualifié, donc, que tu coûtes trop cher.  Un monde de grandes gueules :  parasites,  religieux et avocats.  Les universités sont devenus des écoles de perfectionnement en abus des gens gens plus pauvres.
     Dupuis aurait voulut démantibuler cette machine folle.  Comment ?  Il était demeuré veuf pour être libre et il était aussi prisonnier que les autres.  La finance est devenue dieu.  Plus ces idées tournaient dans sa tête, plus la colère montait.
     « Monde de fou !» s'exclama-t-il, en frappant sur les meubles.  S'il en avait eu le pouvoir, il faurait fait sauter ce système insensé.  Il se jeta sur le sofa et laissa fermenter sa haine,  L'heure de tombée approchait.  Le tic-tac de son cadran le repoussa à ses papiers.    

Aucun commentaire - Poster un commentaire



<<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | 55 | 56 | 57 | 58 | 59 | 60 | 61 | 62 | 63 | 64 | 65 | 66 | 67 | 68 | 69 | 70 | 71 | 72 | 73 | 74 | 75 | 76 | 77 | 78 | 79 | 80 | 81 | 82 | 83 | 84 | 85 | 86 | 87 | 88 | 89 | 90 | 91 | 92 | 93 | 94 | Page suivant >>>

Blogs / Annuaire de blogs - Annuaire de blogs - Décos pour blogs - Forum de blogs
Webcam sexy : filles en direct - Boutique de sextoys

Suivre le flux rss/XML de ce blog