Tête de bois, coeur de plomb,
Hector, le grand robot,
déambule dans nos rues.
Le soleil ne tarde pas à se lever
et Hector l'envie ;
lui, qui, dans l'autobus sommeille
alors que la foule se bouscule..
De Ste-Catherine à Dufferin,
de l'hôtel de ville à l'hôtel de la Place,
vingt minutes de pénible trajet
pour arriver à l'usine.
Une carte à pointer,
un tablier à ajuster
et le travail commence
jusqu'à la fin de la journée.
Pas une seconde pour penser,
pas une minute pourparler,
va toujours , mon Hector,
à l'usine, il faut toujours imiter
le geste qui a précédé.
Trinquons, ô Satan,
trinquons !
Une goutte d'humanité
pour se gorger des plaisirs
de la charité.
Un tonneau d'égoïsme
avec un mélange de douleur
pour se fortifier.
Deux immenses verres
de nature et de cieux
pour s'envoûter.
Et une larme
une toute petite larme
de réalité
pour dégueuler.

Les cheveux dans le vent
la figure rayonnante et blanche
comme sa soeur la lune
dans dans sa maturité
Zorag est heureux , vivant de liberté,
comme une biche dans les bois.
Depuis près de onze ans
Zorag boit le baume des cèdres, des sapins
et s'enivre de la nature
il organise de grandes chasses
rêve aux guerres à livrer...
Zorag, comme une fleur sauvage,
s'épanouit dans le bois. Sans souci,
il erre ci et là, mais déjà hélas !
l'homme naît dans l'enfant :
Zorag a tué son premier écureuil.
C'était Ti-Jean
un petit bonhomme
qui voulait ériger un mur
un immense mur d'ivoire
pour protéger des tempêtes
l'humanité parfois submergée.
Ah ! disaient les gens, un autre fou !
Ti-Jean continuait
tout en se disant
fou peut- être ...
c'est mon instinct
quelque chose me dit que...
Ti- Jean irrigea son mur
mur transparent
fort comme un diamant
transparent d'expériences.
Hi hi !, disaient ironiquement les gens
il est définitivement sauté...
Ti - Jean avant sa mort
s'arrêta pour écouter les gens
et , de cet arrêt, il a craqué
de la tête au pied.
il détruisit le mur due son barrage.
Heureusement , de ce déluge
Noé avait écouté sans rire le récit
entre deux bonnes bouteilles de vin
mai lui, pour faire différent
contruisit une arche...
Dis-moi, c'est vrai , dis !
un jour, la terre va cesser de tourner ?
Mais alors, ce sera triste, très triste même,
plus de levers, plus de couchers du soleil ...
Et les étoiles ? Qu'arivera-t-il aux étoiles ?
Elles continueront à éclater dans l'infini
pour rien ? sans que personne ne les voit ?
je m'ennuierai des étoiles, c'est si joli ...
Dis-moi, c'est vrai, dis !
l'homme n'est que matière ?
au-delà de la chair et de l'énergie
il n'y a plus rien, plus rien ?
Je veux savoir !
j'ai tellement besoin de connaître
tout le monde en a besoin ...
C'est vrai ? il faut mourir
mais la mort , comment est-elle ?
est-elle douce ? fait-elle mal ?
Tu ne sais pas.
Moi, je veux savoir
après tout, c'est important
vouloir connaître, vouloir savoir
comment la recevoir, la mort ...
gentiment, en la caressant
en y résistant ?