J'ai de gros points noirs
qui se hissent dans ma tête
ils puent et sont laids. Les affreux.
Ils dansent, dansent, dansent encor
et la moelle de mes os de leur tourbillonnement
s'étourdit de frayeur et s'écrase d'un coup.
C'est la peur , effroyable misère,
elle gruge mon cerveau comme un rapace
et laisse sans force ma pauvre carcasse.
Le cris de ma chair tremblante
m'épouvantent et m'anéantissent tant
que je crie, à chaque fois, c'est la mort.
Et alors, sans souffle, comme une bête,
je fuis sans ne jamais savoir où
espérant tromper enfin ces maudits points
qui jaillissent droit dans ma tête
comme les miasmes d'un cadavre.
Allongé sur la plage , nu ,
se dorait au soleil
un enfant tout heureux.
Il profitait de la chaleur
sentait la vie se répandre
dans son petit corps de douze ans.
Sans trop savoir pourquoi
il se lève face au soleil
et lui crache dans l'oeil
Le sort en était jeté
la bataille était lancée
et le soleil
dans cinq secondes au plus
pétrifia le petit bonhomme
et ses douze ans avec.
Née d'un plus
morte d'un moins
la vie a inscrit à mon tableau
figure d'hyperbole.
Et si je réfléchis
en poussant à l'infini
je fais de ce symbole
l'ellypse de mon salut.
Tout ce monde qui coule
qui roule et s'écroule à mes pieds
tout ce temps qui s'écoule
ils se lèvent, ils montent
et se posent devant moi, en juges.
Je voudrais fuir, fuir loin,
n'importe où , dans un pays neuf
ou mieux, dans l'oubli, dans la nuit.
Je sens ce linceul
il piétine mon échine
et j'ai peur, j'ai froid.
O délices de la folie
enfin , je vous tiens
c'est la libération, c'est l'amour.
Je suis las , de tant de procès
je sens refroidir ma moelle
Comme c'est doux , la folie !
plus de procès, plus de juge,
seulement le temps qui s'écoule muet
et le monde qui danse dans ma tête.
Textes tirés de Hymne à l'amour, le vice et la révolte. 1968
ALLONS ! parcourons le monde
pour trouver l'amour vrai
dont nos coeurs ont besoin.
ALLONS ! sur les mille routes
du rêve chercher le bonheur.
Fuyons notre état sans espoir
construisons le monde
comme nous le voulons.
Que notre conscience
jusqu'à la moelle de nos os
nous crie : Soyez créateurs !
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